.
 

Partagez | 
 

 Not so bright realty ♦ Kane

Aller en bas 
avatar
Présentation : Astraé n'a pas beaucoup d'amis, étant rapidement assimilée aux idées du parti que dirige son père elle est vite jugée et méprisée pour oser défendre les Aberrations ▬ Elle en veut quelque part aux Aberration pour la persécution à laquelle elle était sujette petite et qui persiste aujourd'hui ▬ Astraé est très curieuse face à la culture de l'ancien temps ▬ Bien que ça lui soit interdit en tant que citoyenne, elle aime les arts. Ils lui permettent de ressentir des émotions sans avoir à utiliser de mots ▬ Elle vit difficilement la mort de la vice-présidente du parti progressiste, sa mère présumée, ce qui altère sa façon d'être ▬ Astraé porte une importance grandissante à se poser les bonnes questions pour savoir ce qu'elle pense de tout ça et savoir pour quelle cause elle veut se battre
Matricule : étudiante, formée pour devenir chef du parti progressiste
Messages : 103
Avatar : Rosie Tupper
Habitant de la Citadelle depuis : 29/09/2017

Identité
Âge: 21 ans
Quotient:
23/300  (23/300)
Allégeance: Progressistes
MessageSujet: Not so bright realty ♦ Kane   Jeu 8 Nov 2018 - 2:19

Not so bright realty


Le froid grondait entre nous depuis ce fameux soir où il s'était présenté à mon bureau. Une découverte et une déception. Respectivement pour moi et pour lui. J'avais bien compris qu'en agissant ainsi avec Kane, j'avais scellé nos chances de construire quoi que ce soit. C'était mieux pour notre intégrité. Pour éviter les écarts déjà nombreux. J'avais un quotient à maintenir. Une image à conserver. Bien des opposants de mon père voyaient en moi une version moins utopiste en ma venue dans le parti. Une corde sur laquelle je comptait bien jouer. Et pour se faire, je ne devais pas avoir ce lien si particulier que mon père pouvait parfois démontrer envers les Aberrations. Me rapprocher de notre garde du corps, surtout de la manière dont ça m'avait traversé l'esprit, c'était impensable. Un réel suicide politique.

Je ne pouvais pas me permettre d'infliger ça à mon père. Mon intégrité, celle de notre nom, son parti, c'est ce qui le maintenait. Et sa femme décédée, je sentais venir se poser sur mes épaules ce fardeau de devoir être celle sur qui il doit pouvoir se reposer au moindre signe de faiblesse. Je n'étais pas prête... je n'étais pas assez forte... portant moi-même difficilement cette perte. Mais c'était là une place que je ne pouvais me permettre de refuser. Et pour ça je devais cesser mes enfantillages. Rester neutre et impartiale. Que ce soit envers les Aberrations comme envers les êtres humains. Ça me coûtait plus que je ne le pensais mais cela nourrissait aussi une idéologie à laquelle j'adhérais : celle de l'égalité.

Difficile de savoir si mon intervention auprès de l'Aberration qui était venue à mon secours l'avait préservée des autorités et de leur zèle. Mais j'espérais que ça avait pesé dans la balance. Je n'avais pu assister à la suite de l'intervention des forces de l'ordre car l'inspecteur Braun m'avait fait conduire jusqu'à la clinique où j'allais devoir rester en observation. Je savais qu'il n'y aurait aucun moyen pour moi d'y échapper. Et mon père, en apprenant la nouvelle, aurait tôt fait de m'enfermer à double tour dans la chambre de la clinique où je serai s'il venait à soupçonner une escapade de ma part. J'avais abdiqué et m'étais retrouvée dans cette chambre blanche. Aseptisée. Austère. Déprimante...

J'avais toujours été habituée à cette pureté, ce côté épuré et immaculé. Mais il commençait à me donner la nausée... Ou peut-être était-ce l'odeur des produits d'entretien et autres désinfectants. Peu importait à vrai dire. « Vous n'avez pas l'air bien. Vous êtes définitivement mieux ici que chez vous », avançait l'inspecteur venu s'enquérir de mon état sous couvert d'une interrogation sur les faits. Je lui avait dit ma version telle qu'elle était. Déplorant la situation dans laquelle je m'étais mise. « J'espère que votre père vous accordera un garde du corps plus qualifié. L'actuel est loin d'être efficace. Je pourrais demander à ce qu'un de mes hommes soit rattaché à votre sécurité après cette attaque. » Le regard noir que je lui lançai passa outre le clair de mes yeux, la douceur de mes traits et le blond nacré de mes cheveux. Ça n'avait rien d'un regard attendrissant et enfantin à peine sorti du ventre de sa mère. Et le froncement de sourcils qui se dessina sur son visage m'assura que le message passerait très nettement. « Vous n'étiez pas là, vous n'avez pas vu ce qui s'est passé. Je me suis éloignée de mon garde du corps alors laissez ses compétences tranquilles. Il s'est déjà avéré plus utile que votre unité même si, je vous l'accorde, ce n'est pas difficile. » Au moins, je reprenais vite du poil de la bête, l'inspecteur Braun ne pourrait pas me le reprocher.

Reprenant une posture plus droite et réglementaire, l'inspecteur fit une moue quelque peu désabusée, suivie d'un sourire au soupir évocateur. « Faites quand même attention à la façon dont vous agissez et parlez mademoiselle Keppler. Je ne crois pas que d'autres se montreraient aussi patients que moi. » Des mots que je ne relevai guère même s'ils m'infligèrent un froid dans le dos. Sans attendre, il tourna les talons et quitta la chambre.

Un soupir à fermer les yeux puis je laissai reposer ma tête contre l'oreiller redressé. Mes poings se serrèrent au maux de tête qui me lançaient à nouveau. Je n'avais qu'une légère blessure à l'arcade et cette douleur au crâne lancinante. Cette nuit en observation était, à mon sens superflu. Je me demandais si mon père avait été mis au courant de l'attaque... j'imaginais que oui. Restait à savoir s'il aurait la possibilité de se libérer pour me voir - ce dont je douter. En attendant, les mots de l'inspecteur résonnaient. Si je détestais l'idée que Kane soit ainsi traité, je me surprenais à le détester même après coup. Lui reprocher de m'avoir quitté des yeux une seule seconde. Y penser venait engorger mes yeux de larmes que je m'efforçais de ne pas laisser s'échapper.

Gardant les poings serrés à attendre que mon père ou l'un de ses envoyés vienne quérir de mes nouvelles. Ce n'était pas le moment de céder à la panique ni à n'importe quel contre-coup causé par l'agression. J'avais pourtant eu si peur... l'adrénaline était redescendue, mais je n'avais rien extériorisé. Ce qui me mettait à fleur de peau et loin d'être en possession de mes moyens.

_________________________________________

darkest white
Hear the innocent voices scream, as their tormentors laugh through all of it. No forgiveness from all I've seen. The degradation I cannot forget. So sleep soundly in your beds tonight. For judgement falls upon you at first light.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Présentation : DAMAGED BEYOND REPAIR
Matricule : 8605-KAN-S2
Messages : 384
Avatar : Ash Stymest
Habitant de la Citadelle depuis : 11/02/2017

Identité
Âge: 21
Quotient:
283/300  (283/300)
Allégeance: Personne
Aberration
MessageSujet: Re: Not so bright realty ♦ Kane   Sam 10 Nov 2018 - 1:18


Not so bright Reality


Il en est venu à la détester, ces derniers temps. Elle avait joué avec ses sentiments. Kane ne l’accepte pas. Il arbore de nouveau cet air glacial, cet air morne qui le caractérise si bien. Il a très peu desserré la mâchoire, se contentant de faire ce qu’on lui demande, ne répondant que si on lui demande expressément de répondre. Il s’est cantonné à faire tout ce que les Humains et en particulier le Gouvernement attendent de lui. Et il est assez doué. Le pire dans tout ça, c’est que plus ça va, plus il lui demande de rester près de la blonde plutôt que de lui. Pourtant il aurait préféré rester avec Aldébaran, vraiment. C’était une si grande déception. Il s’était quand même confié à elle. Il ne voulait plus jamais la laisser entrer dans son coeur. Il avait honte, si honte. Il avait cru, une seule seconde qu’un humain pouvait devenir son ami.

Et puis il a merdé ; un moment d'inattention, un seul qui lui a permit de perdre la jeune femme des yeux. Elle a disparu dans la masse. Ca a vite dérapé, et à dire vrai, il n’a pas vraiment eu le temps de réaliser qu’il a prit un coup sur la tête. Il est resté inconscient tout du long, le nez en sang à cause du choc avec le sol ; il est tombé assez violemment.

Le réveil a été brutal. Kane a cru qu’il allait se noyer quand il a ouvert les yeux. Les agents spéciaux l’ont arrosé d’eau glacée. Cette eau ne suffit pas à nettoyer le sang séché sous son nez. L’arrière de sa tête a doublé de volume, mais ce n’est pas bien flagrant avec ses cheveux. Toujours est-il que les agents spéciaux l’attrapent par les bras, le soulevant sans délicatesse et le traitant comme un criminel dangereux. Il se trouve coincé entre eux, deux canons chargés au silicium dans le dos. Kane se fait sage, se laisse faire docilement.

Il est apathique. Son sort lui importe peu. Les Humains ne font que jouer avec lui. C’est dans leur nature. Il a cru qu’elle était différente mais il s’est trompé. L’Aberration ne prête pas à la blonde quand il entre dans sa chambre. Le jeune homme se contente de se comporter en modèle des siens.

— Nous vous ramenons votre bien, Mademoiselle Keppler.

Kane esquisse un sourire amer. Il est toujours trempé, tandis qu’il fait tout son possible pour ne pas trembler de froid. Il a d’autant plus froid que depuis qu’il a donné sa veste à la progéniture du parti progressiste, il n’en a plus, lui. Et puis il faut bien admettre que cet endroit le met extrêmement mal à l’aise : il est la seule personne en noir dans cette pièce, qui plus est, tout est d’un blanc si immaculé, il en a presque mal aux yeux. C’est vrai qu’il n’est pas considéré comme un être-vivant doué d’une conscience. Il n’est pas censé avoir de sentiments. C’est peut-être pour ça que les Humains pensent que c’est acceptable de jouer avec eux de la sorte, puisque de toute façon ils ne ressentent rien. Quelle farce. D’autant plus qu’elle pourrait le faire tuer maintenant. Mais peu lui importe, ça fait longtemps que son propre sort ne l’intéresse même plus.

— Que voulez-vous faire de lui ?


Le regard de Kane est rempli de colère, pourtant, il ne dit rien, il continue de fixer la chaise dans le coin de la pièce. Et même si elle décide de le sauver de ce mauvais pas, il ne va pas s’adoucir pour autant. Kane est blessé dans son ego.

Et au fond, il est rassuré de savoir qu’elle va bien. Et ça le fait terriblement chier.

_________________________________________

FEEL THE THUNDER
• lilie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Présentation : Astraé n'a pas beaucoup d'amis, étant rapidement assimilée aux idées du parti que dirige son père elle est vite jugée et méprisée pour oser défendre les Aberrations ▬ Elle en veut quelque part aux Aberration pour la persécution à laquelle elle était sujette petite et qui persiste aujourd'hui ▬ Astraé est très curieuse face à la culture de l'ancien temps ▬ Bien que ça lui soit interdit en tant que citoyenne, elle aime les arts. Ils lui permettent de ressentir des émotions sans avoir à utiliser de mots ▬ Elle vit difficilement la mort de la vice-présidente du parti progressiste, sa mère présumée, ce qui altère sa façon d'être ▬ Astraé porte une importance grandissante à se poser les bonnes questions pour savoir ce qu'elle pense de tout ça et savoir pour quelle cause elle veut se battre
Matricule : étudiante, formée pour devenir chef du parti progressiste
Messages : 103
Avatar : Rosie Tupper
Habitant de la Citadelle depuis : 29/09/2017

Identité
Âge: 21 ans
Quotient:
23/300  (23/300)
Allégeance: Progressistes
MessageSujet: Re: Not so bright realty ♦ Kane   Dim 11 Nov 2018 - 1:00

Not so bright realty


Ce n'est pas la déception qui orna mon visage à l'apparition de Kane. J'avais beau œuvrer pour que mes traits restent neutres, j'éprouvais un profond soulagement : il s'en était sorti. Quand bien même il se trouvait en piteux état... Son regard à lui évitait l'erreur. Dans toute cette clarté, c'était pourtant lui qui brillait. Ceux qui l'entouraient ne devaient pas le voir de la même manière, surtout au vu de la façon dont ils le qualifièrent. C'était triste à dire, mais j'étais habituée, comme beaucoup d'autres, à ce que les Aberrations soient aussi peu considérées. Ça avait beau me désoler, je devais jouer le jeu. Tout comme j'avais dû mettre ce froid entre nous.

Sur l'instant, je n'avais pas imaginé que ça aurait pu atteindre cet extrême. Mais je ne pouvais pas dire que ça n'avait pas marché... Nous restions à nos places. Évitant des ennuis même si l'envie de briser cette glace me triturait l'esprit. Mon père n'arrêtait pas de me le coller... Sentait-il qu'entre Kane et moi ça ne marchait pas ? Je me demandais pourquoi il n'avait pas pris quelqu'un d'autre pour veiller sur moi. Pourquoi il ne s'était pas gardé Kane. Et en même temps, imaginer qu'il soit si éloigné me provoquait un pincement au cœur.

Attribuant un regard se faisant plus sévère aux accompagnateur de l'Aberration, je me permis de relever leur maladresse. « Il est dans un sale état. Vous auriez dû faire attention. Ne soyez pas aussi négligents la prochaine fois. » Ils connaissaient mon nom, le parti que je défendais, les idées de mon père. C'était plus qu'insultant de les voir traîner une Aberration dans cet état devant le nez d'un Keppler. Ce n'était pas vraiment une question de prise de conscience de ce que je devais défendre, mais plus une valeur que j'apprenais à mettre en pratique : que ce soit pour cette Aberration qui m'avait sauvée la veille ou pour n'importe quelle autre personne. Des droits. Un pas vers une potentielle égalité. Ou en tout cas, le partage de principes communs.

Cela dépassait la petite personne de Kane autant que la mienne. Mais assez fatalement, je réalisais que ma vie ne m'appartenait pas. L'institut et mes parents avaient choisi pour moi. Le choix ne se faisait pas. Et je n'aurais jamais le droit de m'en plaindre. Pas après ce que je pouvais voir, pas après ce que Kane avait pu me raconter. Alors certes, ce ne serait jamais la vie dont je rêve, celle qui aurait réellement pu me faire vibrer, mais il m'était impossible de décider. Ne restait qu'à accepter. « Laissez-nous. » Les agents ne cherchent pas à remettre en cause mes mots. Plus par désintérêt que par réflexion. Je devais certainement, à leurs yeux, passer pour une gamine ne sachant ni ce qu'elle dit ou fait.

Lorsqu'ils eurent quitter la pièce. Un long silence plana autour de nous. Mes yeux vinrent fixer Kane. Une certaine colère les habitaient. « Tu as failli à ta mission, Kane. » Fis-je claquer dans la chambre tel un éclair sec et net. Un ton à la fois neutre et plein de reproches. « Mon père est au courant ? » S'il avait lu les rapports, il l'était. Braun n'est pas du genre à bâcler son travail et encore moins à omettre qu'une Aberration a échoué dans sa mission. En tout cas, ça ne viendrait pas de moi. Si j'en voulais à Kane, c'était avant tout parce que sans lui je m'étais sentie si vite perdue... Un sentiment qui était en parfaite contradiction avec ce que j'essayais de faire : nous éloigner. À croire qu'à appuyer la distance, j'en venais à vouloir me rapprocher...

_________________________________________

darkest white
Hear the innocent voices scream, as their tormentors laugh through all of it. No forgiveness from all I've seen. The degradation I cannot forget. So sleep soundly in your beds tonight. For judgement falls upon you at first light.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Présentation : DAMAGED BEYOND REPAIR
Matricule : 8605-KAN-S2
Messages : 384
Avatar : Ash Stymest
Habitant de la Citadelle depuis : 11/02/2017

Identité
Âge: 21
Quotient:
283/300  (283/300)
Allégeance: Personne
Aberration
MessageSujet: Re: Not so bright realty ♦ Kane   Dim 11 Nov 2018 - 1:48


Not so bright Reality


Elle semble jouer le jeu du bien mobilier et en même temps elle le défend plus ou moins. Il ne sait pas s’il doit se sentir en colère ou s’il doit se sentir flatter. En tout cas, il finit par ne pas réagir.

― Laissez-nous.


Les soldats s’en vont, forcent Kane à s’agenouiller avant de lui délier les main. Ils prennent soin de laisser l’une des armes en silicium à l’entrée. Eux, ils savent quel sort attend les Aberrations qui échouent, en général. Et pour une fois, le brun a de la chance ; pour une fois qu’il fait une connerie, il ne se fait pas taper avant d’être en face à face avec la personne responsable de lui.

Une fois qu’ils ont disparu, le masque tombe. Kane cesse de porter ce masque de perfection de son visage, gratifiant (au sens figuratif du terme) Astraé de son regard le plus noir. Si elle est en colère contre lui, c’est réciproque. Pendant ce temps, un long silence plane, pendant lequel le jeune homme essaye de ne pas trembler de froid. Si on y prête attention, il est possible de le remarquer cependant, car après tout, il n’y arrive pas si bien que ça.

― Tu as failli à ta mission, Kane.


Il reste silencieux. Que peut-il dire de toute façon ? Peu importe ce qu’il dira, il aura toujours tort de toute façon. Quand il y pense, il a vraiment très très froid. Ces yeux viennent dévorer les couvertures du regard. Qu’est-ce qu’il aimerait s’enrouler dedans !

― Mon père est au courant ?

Il n’a pas vu Aldébaran depuis l’incident. Kane n’ouvre pas la bouche. Il hausse simplement les épaules. Au moins, il ne pourrait pas dire quelque chose le compromettant. Il ne pourrait pas faire déboucher cette conversation sur quelque chose de positif. Il l’avait voulu, vraiment. Mais Astraé est comme les autres. Egoïste. Manipulatrice. Ces mots qu’elle avait pu prononcer ; le fait qu’il devait aller de l’avant, qu’il avait une opportunité de rêve, eh bien, il n’y croit plus. Il n’y a peut-être jamais cru finalement.

Son nez se remet à saigner. Ce n’est pas normal mais il ne peut pas voir de médecin. Personne ne voudra le soigner parce qu’il est une Aberration. Il demandera à sa mère de l’examiner dès qu’il pourra la voir. Toujours aussi apathique et agacé, il utilise sa main comme mouchoir, faute de mieux. Il se penche légèrement en avant pour éviter d’avaler son propre sang. Quelques gouttes vermeilles tombent sur le sol immaculé. Il a vite pas mal de sa sur la main. Il ne se sent pas extrêmement bien, entre l’anxiété très minime qui est montée à cause du saignement et le froid qui le mord.

_________________________________________

FEEL THE THUNDER
• lilie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Présentation : Astraé n'a pas beaucoup d'amis, étant rapidement assimilée aux idées du parti que dirige son père elle est vite jugée et méprisée pour oser défendre les Aberrations ▬ Elle en veut quelque part aux Aberration pour la persécution à laquelle elle était sujette petite et qui persiste aujourd'hui ▬ Astraé est très curieuse face à la culture de l'ancien temps ▬ Bien que ça lui soit interdit en tant que citoyenne, elle aime les arts. Ils lui permettent de ressentir des émotions sans avoir à utiliser de mots ▬ Elle vit difficilement la mort de la vice-présidente du parti progressiste, sa mère présumée, ce qui altère sa façon d'être ▬ Astraé porte une importance grandissante à se poser les bonnes questions pour savoir ce qu'elle pense de tout ça et savoir pour quelle cause elle veut se battre
Matricule : étudiante, formée pour devenir chef du parti progressiste
Messages : 103
Avatar : Rosie Tupper
Habitant de la Citadelle depuis : 29/09/2017

Identité
Âge: 21 ans
Quotient:
23/300  (23/300)
Allégeance: Progressistes
MessageSujet: Re: Not so bright realty ♦ Kane   Dim 11 Nov 2018 - 12:05

Not so bright realty


Un simple haussement d'épaules. C'est tout ce que j'obtins comme réponse. Un soupir. Je n'aimais pas le voir dans cet état ni être partagée entre cette envie d'être là pour lui et celle de maintenir une distance pour ne pas voir ma réputation en pâtir. Nos dissensions pouvaient, cependant, se révéler encore plus dangereuses qu'une proximité indécente entre humain et Aberration...

Me mordant les lèvres, je me confrontais à son silence et la fermeture de sa posture. « Je ne ne serai pas celle qui te lancera la pierre à rapporter cet incident à mon père », lui assurai-je froidement. Avant qu'un nouveau silence ne s'installe, je me décalai sur le bord du lit. « Viens. » Mon ton ne lui laissait pas vraiment le loisir de discuter. Rabattant la couverture pour dessiner une place, j'accompagnai mon geste un signe de main. Il était gelé et vraiment en sale état.

Sans attendre de m'assurer qu'il obéisse, je renchéris. « Tu peux me détester à loisir mais si jamais ça implique que tu viennes à négliger tes fonctions, tu ferais bien d'en parler à Aldébaran. Je ne veux pas qu'il risque de perdre la dernière famille qui lui reste à cause de nos seuls états d'âme. » Je ne voulais pas qu'il quitte mon service. Parce que malgré le froid, malgré l'animosité latente, je conservais un sentiment fort envers lui. Kane était l'une des raisons qui me poussaient à entrer dans le moule pour parvenir à obtenir le crédit suffisant au gouvernement et espérer réussir à changer les choses là où mon père échouait à les faire bouger. Il payait sa réputation. Payait le fait qu'on le soupçonne d'être en lien avec des groupes pro-Aberrations virulents. Je ne voulais pas avoir cette même image, quand bien même les idées s'avéraient être les mêmes.

_________________________________________

darkest white
Hear the innocent voices scream, as their tormentors laugh through all of it. No forgiveness from all I've seen. The degradation I cannot forget. So sleep soundly in your beds tonight. For judgement falls upon you at first light.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Présentation : DAMAGED BEYOND REPAIR
Matricule : 8605-KAN-S2
Messages : 384
Avatar : Ash Stymest
Habitant de la Citadelle depuis : 11/02/2017

Identité
Âge: 21
Quotient:
283/300  (283/300)
Allégeance: Personne
Aberration
MessageSujet: Re: Not so bright realty ♦ Kane   Dim 11 Nov 2018 - 19:26


Not so bright Reality


Elle lui indique qu’elle ne sera pas celle qui irait le dénoncer. Il ne réagit toujours pas. Comment peut-il lui faire confiance ? Elle est si froide avec lui. C’est à se demander qui reflète l’autre. Astraé reflète-elle le comportement de Kane ? Ou Kane reflète-il celui d’Astraé ?

Le nez du jeune homme saigne toujours lorsqu’elle lui ordonne de venir. Kane n’a pas envie de venir sur le lit à côté d’Astraé. Il veut rentrer chez lui pour essayer de se soigner. S’il vient s’asseoir sur le lit, il y a aussi moyen qu’il salisse le lit et éventuellement l’Humaine.
Il voulait croire en elle. Il l’avait vraiment voulu. Un trait de sang coule le long de son bras jusqu’à son coude. Non, il n’a pas envie de s’asseoir sur ce lit, pas maintenant. Et quelque part, on pouvait y voir une symbolique ; Astraé pourrait lui ordonner n’importe quoi, s’il s’agit de faire un geste vers elle, Kane ne le ferait pas. Et il ne la laisserait pas jouer avec lui comme elle l’avait fait la dernière fois.

Et puis elle commence un long laïus sur le fait qu’il la déteste. Kane soupire longuement, puis souffle avec force quand il se rend compte qu’il a eu le malheur d’ouvrir la bouche une seconde et que le sang en a profité pour rentrer dans la bouche. Il finit tout de même par parler, utilisant un ton aussi froid que la jeune femme.

― Peu importe de quoi ça a l’air, je ne néglige pas mes fonctions. Par contre, je considère que ce n’est pas à moi de juger mes propres aptitudes. Si tu as un problème avec moi, c’est à toi d’aller en parler à ton père. Et en plus, je n’ai aucun pouvoir sur ça, tu le sais très bien. Si ça ne te convient pas, c’est ta responsabilité de dénoncer mon incompétence.

Il tente de souffler pour repousser le sang à l’extérieur mais c’est déjà trop tard ; il en a dans la bouche. Cette pensée le contrarie un peu mais que peut-il y faire ? Réalisant à quel point c’est vain, il décide d’abandonner cette méthode. Son nez n’était pas décidé à s’arrêter de couler, et Astraé ne semblant pas disposée à le laisser s’en aller tout de suite, Kane décide de retirer son tee-shirt pour s’en servir de mouchoir, dévoilant entièrement la cicatrice qui barre son flanc. Il le dispose de manière adéquate puis compresse sa narine pour stopper l’écoulement de manière un peu plus efficace. Et puis il noir, au pire ça ne se verrait pas, et aussi immonde cela pouvait-il paraître, il pouvait le remettre ensuite, une fois sec.

[/quote]

_________________________________________

FEEL THE THUNDER
• lilie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Présentation : Astraé n'a pas beaucoup d'amis, étant rapidement assimilée aux idées du parti que dirige son père elle est vite jugée et méprisée pour oser défendre les Aberrations ▬ Elle en veut quelque part aux Aberration pour la persécution à laquelle elle était sujette petite et qui persiste aujourd'hui ▬ Astraé est très curieuse face à la culture de l'ancien temps ▬ Bien que ça lui soit interdit en tant que citoyenne, elle aime les arts. Ils lui permettent de ressentir des émotions sans avoir à utiliser de mots ▬ Elle vit difficilement la mort de la vice-présidente du parti progressiste, sa mère présumée, ce qui altère sa façon d'être ▬ Astraé porte une importance grandissante à se poser les bonnes questions pour savoir ce qu'elle pense de tout ça et savoir pour quelle cause elle veut se battre
Matricule : étudiante, formée pour devenir chef du parti progressiste
Messages : 103
Avatar : Rosie Tupper
Habitant de la Citadelle depuis : 29/09/2017

Identité
Âge: 21 ans
Quotient:
23/300  (23/300)
Allégeance: Progressistes
MessageSujet: Re: Not so bright realty ♦ Kane   Mar 13 Nov 2018 - 17:24

Not so bright realty


Sa fermeture se fait complète. Ajoutant à cela le défi de ne pas écouter mes ordres. Certes, ils n'étaient d'aucune importance en soi. Ce n'était pas dans ses prérogative d'être réchauffé par une couverture. Il vient à se défendre comme il peut, déclarant que rien ne venait altérer son investissement dans son travail, et qu'en cas de souci, c'était à moi d'en faire part à Aldébaran.

Que ce soit par son comportement, ses paroles ou son entêtement, Kane m'exaspérait. Je détournai le regard lorsqu'il vint à retirer son t-shirt pour s'en servir de serviette. Malgré ça, mes yeux ne purent s'empêcher de dévier et apercevoir l'intégralité de la cicatrice qu'il m'avait montrée. « Le fait que tu déclares que ça ne change rien à ta façon de travailler ne suffit pas à le faire croire : j'aurais pu y rester et pendant ce temps, tu n'étais juste... pas là. Mon père t'accorde bien assez de confiance pour que si, ta parole ait de l'importance. Je sais que tu as un problème avec moi depuis ce fameux soir. Alors c'est à toi de parler si tu ne sais toujours pas pourquoi j'ai agis de la sorte ou si tu n'es plus capable de me souffrir au point de me laisser tomber dans ce genre de circonstances. » Mes mots n'étaient pas particulièrement durs, mais on sentait à mon ton cette peur latente dans laquelle j'avais été plongée. Me retrouver seule, ne pas pouvoir retrouver Kane... j'avais été déboussolée et complètement larguée.

Quand l'attaque avait éclaté, ce n'était pas tant l'idée d'avoir eu un garde du corps sur l'instant qui m'avait quelque peu rassurée, mais celle d'avoir une personne de confiance sur qui compter. Ça n'avait pas marché, mais je ne lui en voulais pas réellement. Tout était allé si vite, si brutal... j'étais aussi fautive que lui dans l'histoire de notre éloignement. Un soupir. « Je n'irais pas raconter quoi que ce soit sur toi à mon père. De ma bouche, tu auras fait de ton mieux. Parce que j'ai envie de croire que si tu avais pu, tu m'aurais aidée. Mais ta distance et ton comportement me forcent à douter. Pas tant pour mon intégrité que pour le bien-être de mon père. Si quelque chose déconne chez toi, au moins préviens-moi. Que je puisse aviser », expliquai-je sur un ton plus neutre mais las. Je n'aimais pas l'idée qu'il renvoyait ; cette animosité cultivée. Cette barrière, je l'avais érigée pour nous préserver. Mais sans doute n'en avait-il aucune conscience. Ce que j'avais ressenti ce soir-là... jamais je n'aurais dû ne serait-ce que m'en approcher. C'était destructeur.

Si cette situation devait perdurer, alors je prendrai les devants avec Braun et lui demanderai un renfort supplémentaire. Il devait bien avoir une manigance pour octroyer à une personne politique ou ayant été agressée une protection particulière. Malgré son amertume, cet inspecteur avait l'air de tenir à moi. Alors j'en profiterai. Pour me protéger, éviter que Kane n'ait un quelconque retour de bâton, et également pour préserver mon père.

_________________________________________

darkest white
Hear the innocent voices scream, as their tormentors laugh through all of it. No forgiveness from all I've seen. The degradation I cannot forget. So sleep soundly in your beds tonight. For judgement falls upon you at first light.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Présentation : DAMAGED BEYOND REPAIR
Matricule : 8605-KAN-S2
Messages : 384
Avatar : Ash Stymest
Habitant de la Citadelle depuis : 11/02/2017

Identité
Âge: 21
Quotient:
283/300  (283/300)
Allégeance: Personne
Aberration
MessageSujet: Re: Not so bright realty ♦ Kane   Mar 13 Nov 2018 - 21:07


Not so bright Reality


Le jeune est pris brièvement d’un rire amer. Il ne se rend même pas compte à quel point il est impoli avec cette humaine, mais elle lui sort tellement par les yeux. Visiblement, c’est réciproque. Progressivement, son nez arrête de saigner, mais il doit encore attendre un moment pour être sûr qu’il ne reprend pas, en espérant qu’il ne se prolonge pas, ça pourrait être véritablement problématique pour lui. Visiblement, la personne qui l’avait frappée à la tête ne l’avait pas loupé. En plus de ça, il se coltine un mal de tête carabiné.

— C’est vrai que j’étais très occupé à siroter un café en terrasse du Centre-Ville.

Il marque une pause. Son ton est plein de sarcasme, plein de mépris. Mais parce qu’elle dit ça comme s’il l’avait fait sciemment. Plus la discussion avance, plus l’agacement de Kane est présent. Il n’essaye même pas de s’en cacher. Il se montre plus menaçant que d’habitude et pourtant, il garde ses distances, une distance qui se voudrait rassurante. D’autant plus qu’il reste sur les genoux, tel que les officiels l’avait placé.

— Donc on parle de ma distance et de mon comportement ? Je suis le seul problème ici ? Le problème, c’est pas pourquoi tu as agis de la sorte, mais la manière dont tu l’as fait. Contrairement à ce qu’on vous apprend à l’école, des sentiments, on en a, alors ne joue pas avec les miens.

Il est odieux avec elle, il le sait. Il est tout aussi odieux qu’elle l’a été avec lui. Peut-être plus. Kane a ses torts, il sait. Il en avait trop attendu. Pourquoi ? Il retire le tee-shirt de son nez, qui a arrêté de saigner.

— Ne joue pas avec moi,
répète-t-il dans un murmure.

Malgré toute l’animosité qui règne dans la pièce, son ton ne se fait pas menaçant. C’est une demande, une demande d’Aberration à un Humain. Il semblait dire « Ne m’accable pas plus que je ne le suis déjà ». Kane sait qu’il ne peut pas vraiment demander cela, mais, il a déjà trop mal. Il s’essuie le sang qui est sur sa main comme il peut sur son tee-shirt, mais cependant, celle-ci est toujours bien rouge. Il verra ça quand il sera chez lui. Il semble plus détendu, maintenant qu'il a exprimé un peu le fond de sa pensée. Ca allait sûrement lui coûter, mais il n'y pense pas.

Il laisse un silence s’installer, puis reprend la parole, un peu hésitant :

— Tu vas bien ?


Son ton semble un peu plus doux. L’Aberration pose le tee-shirt plus ou moins à plat sur son épaule. Ah, qu’est-ce qu’il a envie de rentrer chez lui. Il n’ose pas proposer l’idée, parce que ça ne ferait qu’envenimer davantage la situation.



_________________________________________

FEEL THE THUNDER
• lilie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Présentation : Astraé n'a pas beaucoup d'amis, étant rapidement assimilée aux idées du parti que dirige son père elle est vite jugée et méprisée pour oser défendre les Aberrations ▬ Elle en veut quelque part aux Aberration pour la persécution à laquelle elle était sujette petite et qui persiste aujourd'hui ▬ Astraé est très curieuse face à la culture de l'ancien temps ▬ Bien que ça lui soit interdit en tant que citoyenne, elle aime les arts. Ils lui permettent de ressentir des émotions sans avoir à utiliser de mots ▬ Elle vit difficilement la mort de la vice-présidente du parti progressiste, sa mère présumée, ce qui altère sa façon d'être ▬ Astraé porte une importance grandissante à se poser les bonnes questions pour savoir ce qu'elle pense de tout ça et savoir pour quelle cause elle veut se battre
Matricule : étudiante, formée pour devenir chef du parti progressiste
Messages : 103
Avatar : Rosie Tupper
Habitant de la Citadelle depuis : 29/09/2017

Identité
Âge: 21 ans
Quotient:
23/300  (23/300)
Allégeance: Progressistes
MessageSujet: Re: Not so bright realty ♦ Kane   Mar 13 Nov 2018 - 22:15

Not so bright realty


Mon éducation d'humaine privilégiée ressortait en ces moments-là. Comme une habitude d'être traitée d'une manière et non d'une autre. En ce cas, je n'avais pas l'habitude qu'on me parle avec autant d'irrespect. Tout ce que cela m'inspirait, c'était la méchanceté de toutes ces personnes de mon âge qui m'avaient mise de côté et me mettaient encore de côté aujourd'hui. Si j'en venais à classer Kane dans cette catégorie, c'en serait sans doute fini entre nous et effectivement, je pourrais en venir à réclamer qu'il soit châtié pour tous les écarts qu'il se sera permis face à moi. Même si, j'en avais conscience, c'était mon envie d'instaurer un rapport différent de celui Humain-Aberration. Quoi que... vu la facilité avec laquelle il devenait familier voire grossier avec moi, ce devait déjà être dans sa nature : de braver les règles d'étiquette.

On ne chassait jamais réellement notre nature.

Son sarcasme me faisait encore plus bouillonner. Peut-être qu'il avait lui aussi échappé à la mort hier. Mais je n'étais pas assez stable pour prendre en compte ses états d'âme à lui. J'avais certainement mis mon quotient déjà serré en péril à forcer l'inspecteur à traiter l'Aberration qui m'avait sauvée avec justice et depuis tout ce temps, même s'il m'accompagnait, je m'étais sentie complètement larguée et seule. Je voulais rentrer chez moi, retrouver mon père. Il était évident, de part les mots qu'il prononçait, que Kane ne pouvait pallier à ce besoin de me retrouver avec un proche.

Et ce côté accablé qui le lovait. Ses genoux au sol, le sang et ses mèches encore humides. Le froid qui l'étreignait et le froid de ses mots. Je ne jouais pas avec lui, bien au contraire. J'avais évité de devenir un problème pour lui. Justement, j'avais mis cette distance pour qu'aucun jeu ne soit joué et ce, en dépit de ce que je pouvais ressentir. « Contrairement à ce qu'on vous apprend à l'école des Aberrations, les humains ne sont pas libres des sentiments qu'ils ressentent. Alors non, ne te fait pas de souci pour ça : je ne jouerai pas avec toi parce que peu importent les sentiments que j'ai pour toi, je n'ai pas le droit de les ressentir », lui lançai-je avec ce pincement au cœur qui devenait une pression atroce sur toute ma cage thoracique.

Doucement, je me replaçai au milieu du lit en remettant la couverture correctement. « Je vais bien. Ce qui n'est pas ton cas alors va t'en. Reviens dans notre résidence une fois que tu seras présentable. » Je n'allais pas bien. Mais j'étais en observation, un personnel médical aurait tôt fait de venir m'aider en cas de besoin. J'attendrais que l'Aberration parte pour les appeler. Quand bien même, je savais que ma douleur intérieure était plus forte que celle qui assaillait mon corps...

Je ne reprochais pas à Kane ne de pas comprendre. Mais de me rendre la tâche plus difficile qu'elle ne l'était. Si je détestais l'idée qu'il vienne à se séparer de notre famille, j'avais beaucoup de mal à accepter de briser les espoirs de mon père à cause de ce qui pouvait naître entre nous deux. Je n'étais qu'une gamine à ce niveau. Une adolescente au cœur plus fragile qu'il n'y paraissait. Et ne pas réussir à contrôler l'attachement que je ressentais pour Kane me terrifiait. Parce qu'on n'en avait pas le droit. Ce n'était pas autorisé. Des sentiments, des liens, des relations programmées. Même l'amour était programmée. Ce fichu programme auquel les âmes perdues de mon âge ou les aveugles de ce système participaient. Et les jours qui avançaient m'éloignaient de cette envie de signer pour cette vie calculée. Que ce soit mon métier ou mon mari. Ma façon de faire ou de parler. D'agir et de penser. Je sentais les chaînes m'étouffer telles des lianes.

Mais j'avais un brassard bleu. Une résidence rutilante. Accès à tous les services d'Ikaros. Alors je devais sourire et accepter. Sourire et marcher droit. Sans aucun droit à me plaindre ou à désirer autre chose que ce qu'on m'offre : car c'est censé être le bonheur. Ce dont tout le monde rêve. Et si j'ose dire le contraire, alors je mens. Ou bien c'est seulement que je ne suis pas capable de savoir ce que je veux vraiment.

Cependant, je ne pouvais m'empêcher de me poser la question : est-ce que ça vaut le coup ? D'être à l'image de ce que mon père ou la société veut que je sois ? La peur et l'envie de trop bien faire me liait les poings.

_________________________________________

darkest white
Hear the innocent voices scream, as their tormentors laugh through all of it. No forgiveness from all I've seen. The degradation I cannot forget. So sleep soundly in your beds tonight. For judgement falls upon you at first light.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Présentation : DAMAGED BEYOND REPAIR
Matricule : 8605-KAN-S2
Messages : 384
Avatar : Ash Stymest
Habitant de la Citadelle depuis : 11/02/2017

Identité
Âge: 21
Quotient:
283/300  (283/300)
Allégeance: Personne
Aberration
MessageSujet: Re: Not so bright realty ♦ Kane   Mar 13 Nov 2018 - 23:36


Not so bright Reality


Il s’apprête à rétorquer, encore, jusqu’à que les mots d’Astraé le laisse pantois. « Peu importent les sentiments que j’ai pour toi, je n’ai pas le droit de les ressentir », avait-elle dit. Kane fronce les sourcils, prend une inspiration pour parler, mais ne parle pas. Pour un Humain, c’est très inhabituel. Qu’est-ce qu’elle veut dire ? Son regard se fait inquisiteur. Il la fixe longuement ainsi. Il n’est pas sûr de comprendre ce qu’il devrait comprendre. Ce qu’il retient, c’est qu’elle n’a pas l’air de savoir ce qu’elle veut. Il ne sait pas quoi répondre à ça, alors il garde le silence.

Puis elle reprend la parole. Elle va bien. C’est tout ce qui compte. Ca a dû la secouer, mais ça lui passera.

Il s’est calmé. Il décide enfin qu’il devrait peut-être bouger son corps plutôt que de rester dans cette position dans laquelle on l’a mise. Alors qu’il se redresse, il se tient la tête, le crâne douloureux. Immobile, cette douleur lui semble minime, mais à bouger, elle se fait plus vivace. Il hésite un moment quand elle l’invite à partir. Ce n’est pas l’envie qui lui manque, mais pour quoi passerait-il s’il s’en allait maintenant ? Avait-elle vraiment envie qu’il s’en aille.

— Non. Je ne suis pas le seul à ne pas être présentable. Regarde-toi.

Encore une fois, Kane refuse de suivre un ordre. Non seulement il peut se montrer grossier, mais en plus il n’est pas capable d’écouter ce qu’on lui dit. Il n’en fait qu’à sa tête. Malgré tout, ça ne part pas d’une mauvaise intention. Même si au fond, il sait qu’il n’a pas tort : un président en devenir vulnérable, ça peut ouvrir des opportunités. Elle peut être en danger. Bien qu’en mauvais état, Kane a traversé pire. Ce n’est pas un mal de crâne aussi grand que la tour de verre qui va l’arrêter. Il finit par s’asseoir sur le rebord du lit de la jeune femme. A croire qu’il exécute les ordres à retardement.

— Je ne te laisse pas toute seule. D’accord ?

Elle fait un pas vers lui, il en fait un pour elle. Il marque une pause, puis ajoute :

— N’en fais pas trop, ça n’en vaut pas la peine.

A peine dit-il cela que la porte de la chambre s’ouvre. Kane s’apprête à se lever jusqu’à qu’il voit les vêtements noirs. C’est une femme qui a bien la quarantaine. Elle n’est vivante que pour une seule raison : c’est une guérisseuse. Ce sont les Aberrations que le Gouvernement privilégie le plus. Elles ont un pouvoir qui leur permet aux blessures de se régénérer plus vite. Bien que l’un comme l’autre ne disent rien, ils ont un air familier indéniable. Il aurait voulu le faire exprès qu’il n’y serait pas arrivé.

— Veuillez m’excuser. Je viens soigner vos blessures, Mademoiselle Keppler.

Elle pénètre davantage dans la pièce pour se rapprocher du lit et d’Astraé. Elle ajoute alors :

— Je vais soigner votre blessure mais je vais devoir vous toucher. Je suis désolée du désagrément mais je vous promets que vous irez beaucoup mieux après.

Elle pose le bout des doigts sur son arcade. La blessure disparaît alors en quelques secondes, tout comme la douleur qu’elle provoquait.

_________________________________________

FEEL THE THUNDER
• lilie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Présentation : Astraé n'a pas beaucoup d'amis, étant rapidement assimilée aux idées du parti que dirige son père elle est vite jugée et méprisée pour oser défendre les Aberrations ▬ Elle en veut quelque part aux Aberration pour la persécution à laquelle elle était sujette petite et qui persiste aujourd'hui ▬ Astraé est très curieuse face à la culture de l'ancien temps ▬ Bien que ça lui soit interdit en tant que citoyenne, elle aime les arts. Ils lui permettent de ressentir des émotions sans avoir à utiliser de mots ▬ Elle vit difficilement la mort de la vice-présidente du parti progressiste, sa mère présumée, ce qui altère sa façon d'être ▬ Astraé porte une importance grandissante à se poser les bonnes questions pour savoir ce qu'elle pense de tout ça et savoir pour quelle cause elle veut se battre
Matricule : étudiante, formée pour devenir chef du parti progressiste
Messages : 103
Avatar : Rosie Tupper
Habitant de la Citadelle depuis : 29/09/2017

Identité
Âge: 21 ans
Quotient:
23/300  (23/300)
Allégeance: Progressistes
MessageSujet: Re: Not so bright realty ♦ Kane   Mer 14 Nov 2018 - 0:56

Not so bright realty


Je l'entendais plus que je ne le voyais, gardant mon regard détourné, baissé, éloigné. Mes traits étaient fermés et je ne voulais pas débattre plus longtemps. Mes nerfs étaient à vif, je ne voulais pas que d'autres mots ne viennent dépasser ma pensée. Le mieux était qu'il s'en aille. Demain serait un autre jour.

Un éternel recommencement...

Ses pas le déplacent mais aucunement pour obéir à mon ordre. Une nouvelle fois. Je fermai doucement les yeux sans les rouvrir. Me renfermant un peu plus, contrôlant ma respiration et essayant d'oublier le mal passager.

Si je n'avais pas eu peur de son jugement, de ses mots, de sa confrontation, je l'aurais supplié de rester. Au moins le temps que mon père puisse venir me chercher. Je ne voulais pas réellement que Kane s'en aille. Car la distance que j'avais mise entre nous traduisait l'opposé ; avec lui, je me sentais bien. Trop pour être en alerte, trop pour risquer de laisser mes émotions surgir sans garde-fou, trop pour être moi-même...

Je me serais bien passée de son commentaire sur mon état. Car au moins, j'allais être soignée et choyée comme l'enfant modèle de la société que j'étais. Mérite hypocrite qui servait d'appât aux plus déviants : soyez méritants, vous serez choyés.

Ses pas ne vont pas vers la sortie. Ils vont vers moi. Alors j'ouvris les yeux, évitant de croiser son regard en les rivant sur les plis que sa posture créant quand il s'assit au bord du lit. Le frémissement de mes lèvres trompaient ma froideur. Au moins un ordre auquel j'étais soulagée de le voir déroger. Car malgré le malaise, cette envie de ne pas risquer qu'il vienne à comprendre quoi que ce soit qui pourrait nous mettre tous les deux en péril, j'avais besoin de sentir sa présence.

Contrainte à camper sur mes positions, je luttais contre l'envie de m'effondrer sur son épaule. Et quelques secondes suffirent à me donner un coup de sueur : la porte s'ouvre et me confirme que c'était une mauvaise, très mauvaise, idée.

Les vêtements noirs qui pénètrent dans la chambre ne sont pas plus rassurants que les blancs. Elle n'avait pas l'air méchante, de prime abord. Mais à mes yeux, le doute pouvait s'immiscer n'importe où. La prudence était mère de sûreté. Un calvaire de frustration, une boule de nerf. De plus en plus, cette incapacité de pouvoir agir comme bon nous semble me pesait. Et de plus en plus, elle me convainquait dans l'idée que je devais tout faire pour poursuivre les combats de mon père. Rester irréprochable aux yeux de tous pour que ma voix puisse avoir un poids auprès de ceux qui peuvent réellement faire changer ce monde.

Je laissai l'Aberration faire son travail, trouvant l'utilisation de capacités curatives bien plus miraculeuse que n'importe quelle avancée technologique. J'eus toutefois du mal à lui esquisser un sourire. Un simple frémissement qu'elle ne devait avoir qu'à peine noté. Elle s'occupa de mon arcade, me faisant ressentir un léger picotement et cette impression d'être pincée avant de ne plus rien ressentir. Elle attarda sa main sur ma tête, dissipant une partie de la douleur qui y régnait. Apaisant le brouhaha incessant qui s'y déroulait. Relisant le dossier apposé sur le bout du lit, elle revint vers moi pour atténuer ces hématomes qui persisteraient cependant encore les jours prochains.

Chaque pouvoir avait ses limites. L'énergie d'un être si indispensable devait être économisée. « Merci pour votre dévotion. » Mordant ma lèvre inférieure, je fis traîner mon regard jusqu'à Kane, l'air inquiète, avant de revenir sur la guérisseuse. « J'ignore si c'est dans vos prérogatives ou même si vous-même vous souhaitez le faire ou non mais... Mon garde du corps aurait également besoin de soins. Il doit pouvoir me protéger en cas de problème et pour ça, il serait plus opérationnel si on acceptait de lui accorder quelques brefs soins. Accepteriez-vous de... le soigner ? » Demandai-je, presque gênée d'abuser d'un capacité si précieuse. Je ne voulais pas l'y contraindre, quand bien même ce soit pour une personne à laquelle je tenais. Et si j'étais persuadée de pouvoir plaider justement sa cause si on venait à lui reprocher d'avoir accédé à ma requête, je ne voulais pas la forcer à prendre ce risque.

_________________________________________

darkest white
Hear the innocent voices scream, as their tormentors laugh through all of it. No forgiveness from all I've seen. The degradation I cannot forget. So sleep soundly in your beds tonight. For judgement falls upon you at first light.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Présentation : DAMAGED BEYOND REPAIR
Matricule : 8605-KAN-S2
Messages : 384
Avatar : Ash Stymest
Habitant de la Citadelle depuis : 11/02/2017

Identité
Âge: 21
Quotient:
283/300  (283/300)
Allégeance: Personne
Aberration
MessageSujet: Re: Not so bright realty ♦ Kane   Mer 14 Nov 2018 - 12:51


Not so bright Reality


Quand il s’approche, Astraé le regarde brièvement. Son malaise semble s’agrandir. Le nuisible décide d’en faire abstraction. Alors que la guérisseuse soigne Astraé, celle-ci semble stressée. Loin du regard de la Déviante, Kane pose ses doigts sur le genou de l’Humaine, par-dessus la couverture pour essayer de la rassurer.
Puis à la demande d’Astraé, Kane tourne son regard vers elle. Ce n’est pas exactement le genre de chose que l’on peut demander à un guérisseur. Il le sait. Effectivement, leur pouvoir est trop précieux pour ça. C’est d’autant plus surprenant que la demande vient d’un Humain. Pourtant, la femme ne se fait pas prier. Étonnamment. Elle prend quelques gazes qu’elle humidifie. Kane se laisse faire le plus sagement du monde. Un véritable angelot, difficile à croire quand on sait la quantité de venin qui peut sortir de sa bouche. Ceci dit, c’est un venin qui ne sort que s’il se sent menacé. Le serpent a-t-il choisi d’avoir du venin ? Pas vraiment, non. La guérisseuse entreprend de débarbouiller rapidement le visage du jeune homme, tout en demandant :

— Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ?
— Je crois que quelqu’un m’a tapé très fort sur la tête...


Elle soupire longuement. Impossible qu’il s’agisse de deux inconnus. Elle touche alors la tête de Kane pour situer l’endroit où il a été frappé. Elle le sait vite grâce au bruissement qui passe entre les lèvres du Nuisible. Ca lui fait si mal qu’il s’accroche au bras de la Déviante pour l’en décrocher, mais il ne le fait pas à temps, puisque la blessure lui fait de moins en moins mal. Ses doigts se décrochent très vite de poignet de la soigneuse. Elle stoppe le processus en bon chemin. Si elle appuie, il a encore mal mais ça reste vraiment supportable. C’est presque comme s’il n’avait rien.

— Je ne peux pas faire plus, Mademoiselle Keppler. Je vous prie de garder ça pour vous.


Elle marque une pause, le temps de retirer sa veste et de la placer sur les épaules du brun. Évidemment, elle est trop petite pour lui, mais au moins, ça lui couvre un peu les épaules le temps que son tee-shirt sèche. La plus âgée prend un air plus sévère pour Kane, mais ne dit rien de particulier. C’est compliqué d’être une famille en face des Humains.

Sur ce, elle met les gazes dans sa poche, faute de pouvoir laisser des preuves derrière elle et de les jeter. Elle quitte alors la pièce, après une dernière salutations pour l’Humaine. Le jeune homme la suit du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse derrière la porte, puis soupire longuement avant de se tourner vers Astraé. Il frissonne quelque part pendant le processus. Cette femme est redoutable. Où en étaient-ils déjà ? Kane a déjà presque oublié qu’il venait de se disputer. Il se rapproche un peu plus d’Astraé, coulissant sur le matelas et la questionne de nouveau :

— Ca va mieux ?

Il la fixe du regard, cherchant à déceler un éventuel mensonge de sa part. Sa demande semble l’avoir adouci davantage, bien qu’au fond, une certaine distance semble tout de même exister. Une distance que Kane ne semble pas vouloir effacer tant qu’il ne sera pas certain de ce qu’il semble avoir compris. Il existe une tension chez Astraé, une certaine détresse que le jeune homme met sur le compte des évènements récents. Il rajoute alors :

— Tout va bien, c’est fini. Je suis là maintenant.


_________________________________________

FEEL THE THUNDER
• lilie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Présentation : Astraé n'a pas beaucoup d'amis, étant rapidement assimilée aux idées du parti que dirige son père elle est vite jugée et méprisée pour oser défendre les Aberrations ▬ Elle en veut quelque part aux Aberration pour la persécution à laquelle elle était sujette petite et qui persiste aujourd'hui ▬ Astraé est très curieuse face à la culture de l'ancien temps ▬ Bien que ça lui soit interdit en tant que citoyenne, elle aime les arts. Ils lui permettent de ressentir des émotions sans avoir à utiliser de mots ▬ Elle vit difficilement la mort de la vice-présidente du parti progressiste, sa mère présumée, ce qui altère sa façon d'être ▬ Astraé porte une importance grandissante à se poser les bonnes questions pour savoir ce qu'elle pense de tout ça et savoir pour quelle cause elle veut se battre
Matricule : étudiante, formée pour devenir chef du parti progressiste
Messages : 103
Avatar : Rosie Tupper
Habitant de la Citadelle depuis : 29/09/2017

Identité
Âge: 21 ans
Quotient:
23/300  (23/300)
Allégeance: Progressistes
MessageSujet: Re: Not so bright realty ♦ Kane   Dim 18 Nov 2018 - 19:41

Not so bright realty


À la fois rassurant et inquiétant. Cette intrusion salvatrice avait son retour de bâton. La main de Kane était réconfortante, mais déplacée. La présence de cette femme et son acceptation de venir soigner en partie Kane était une bénédiction et aussi une affliction : on encourait de sérieux ennuis à jouer ainsi avec les règles. Et une personne de mon rang n'était pas censée jongler de la sorte avec les lois.

L'oppression du rang et de la place de chacun ne faisait que s'accroître à mesure des jours. Et à ne pas pouvoir exploser, tout envoyer paître, je craignais de m'enfermer dans une fatalité cynique et dénuée de toute combativité avant même d'être fatiguée par les efforts donnés. Comment réussir à garder la détermination de nos prétentions lorsqu'on avait en plein visage, chaque jour, cette phrase qui résonnait : c'est impossible, tu n'y arriveras jamais, ton combat est vain ? Impossible, c'était le mot. Impossible de tenir la distance. Mes yeux se reposent vers Kane qui se retrouve en parti guéri. Et je sens revenir cette envie de me battre. Le fin espoir que les barrières pourraient, un jour, potentiellement s'abaisser. Si ce n'est pour nous, au moins pour les générations futures.

La proximité de Kane et de la guérisseuse me laissait perplexe, à deviner qu'ils se connaissaient. Certainement la seule raison pour que l'inconnue vienne à accepter de le soigner, sans vraiment tenir compte de ma demande, en réalité. Hochant la tête pour lui assurer que son geste ne sortira pas de cette pièce, je la suivis du regard jusqu'à ce que la porte se referme derrière elle. Légèrement pensive, mes yeux regardent le bas de la porte un long instant.

Trop loin dans mes songes, je n'entends ni ne sens Kane se rapprocher. Revenant à moi que lorsque sa voix m'interpelle. Je fronce les sourcils et entrouvre mes lèvres en espérant que des mots en sortent. Un échec qui me fait fermer les yeux et secouer brièvement la tête. Mieux. Peut-être oui. Physiquement en tout cas. Dans un élan de générosité que j'étais loin de mériter, Kane s'accorda à vouloir me rassurer en me disant qu'il était là et qu'alors, tout ira bien.

Mes yeux s'emplissent de larmes que je ne veux laisser s'échapper. Mes yeux évitent les siens. Qu'il soit là était à la fois le problème et la solution. Je n'avais pas le droit de lui dire ça... ni même de lui faire comprendre ça. Ces sentiments qui n'avaient rien de légaux. Rien de viable. Et peut-être même rien de réciproque. « Tu peux rester ou partir. C'est comme tu veux, Kane. » Je passai une main sur mon visage, époussetant l'eau qui s'apprêtait à jouer aux rebelles. Loin de moi l'envie de lui ordonner ce geste. Qu'il soit de rester ou de partir. En tant qu'Aberration, sans doute se sentirait-il, de toute façon, obligé de rester ne serait-ce que par devoir. Mais je voulais approcher l'espoir qu'il puisse faire des choix selon son cœur. Je n'étais pas de ceux qui croyaient que les Aberrations n'avaient aucun cœur. Mais force est de constater qu'on leur imposait un tel comportement, de telles contraintes, qu'ils se devaient de refouler ainsi leurs émotions. Refouler ce qui faisait d'eux des personnes à part entière. Et ce n'était pas envers l'Aberration que j'éprouvais de l'affection. Mais bien envers Kane, la personne qu'il était.

_________________________________________

darkest white
Hear the innocent voices scream, as their tormentors laugh through all of it. No forgiveness from all I've seen. The degradation I cannot forget. So sleep soundly in your beds tonight. For judgement falls upon you at first light.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Présentation : DAMAGED BEYOND REPAIR
Matricule : 8605-KAN-S2
Messages : 384
Avatar : Ash Stymest
Habitant de la Citadelle depuis : 11/02/2017

Identité
Âge: 21
Quotient:
283/300  (283/300)
Allégeance: Personne
Aberration
MessageSujet: Re: Not so bright realty ♦ Kane   Lun 19 Nov 2018 - 1:15


Not so bright Reality


Une fois la guérisseuse partie, personne ne devrait venir d’ici un moment ; les enquêteurs étaient déjà passés et après le passage de la guérisseuse, il ne pouvait y avoir que du repos. Astraé semble s’enfermer dans un mutisme certain, jusqu’à que le jeune homme ouvre la bouche. Son regard semble s’animer et elle fronce les sourcils. Elle semble vouloir dire quelque chose mais comme pour Kane un peu plus tôt, aucun son ne sort d’entre ses lèvres. Elle secoue la tête.

Les yeux de la jeune femme se remplissent de larmes. Puis un choix qui s’offre à lui. Le choix de rester ou de partir. Il reste silencieux. Kane sait bien repérer les gens tristes. Sûrement parce qu’il est lui-même triste. Et puis il ne peut pas s’empêcher de penser au moment où leurs mains se sont enlacées. Ce n’était pas censé arriver. Pourtant, ça lui réchauffe un peu le cœur, ça lui rappelle qu’elle n’a pas toujours été odieuse avec lui. Sa main se tend pour passer derrière la tête de l’Humaine pour l’attirer contre lui, sans pour autant essayer de l’étouffer par sa présence.

— Ne te retiens pas.

Le geste est naturellement déplacé entre un Humain et une Aberration, mais d’autant plus quand l’un des deux parti est à moitié nu. Kane a légèrement oublié qu’il était torse-nu. Il laisse passer un moment ainsi. Il rit un peu.

— Pardon. C’est sans doute très, très inapproprié. Mais c’est la seule chose que j’ai trouvé pour te réconforter...

Il marque nouvelle une pause. Une pause qui lui permet de se refléter intérieurement toute la conversation qui venait de se passer. Il n’aurait peut-être pas du essayer de la réconforter ? Il fronce les sourcils. Pourquoi faut-il que les relations entre Humains et Aberrations soient aussi compliquées ? Enfin, les relations Humains-Aberrations selon le Gouvernement. Elles pourraient être tellement plus simple, si le Gouvernement le permettait.

— Désolé d’être un protecteur qui déconne. J’ai toujours été mauvais « acteur ». Et je suis encore plus mauvais quand je vois quelqu’un qui va mal près de moi.


Kane parle bien du fait qu’il n’est pas capable de réfréner ses émotions comme n’importe quelle Aberrations. Ceci dit, au moins, le choix de Kane est clair.

— Je suis libre d’avoir des sentiments parce que c’est toi, je le reconnais. Et quelque part, je l’ai choisi. Tu m’y as invité, mais j’aurais pu ne pas me laisser prendre au jeu. Je ne serais pas comme ça avec un autre humain. Un autre humain n’accepterait pas autant de moi.

Une part de lui voudrait la détester et ça l’agace, parce qu’au fond il l’aime beaucoup. Ce n’est pas faute d’essayer de la maintenir à la même distance qu’elle le maintient lui. C’est juste au-dessus de ses forces. Sa mère lui a appris à prendre soin de ses ennemis, parce qu’on ne brise pas le cycle de la haine en répandant soi-même autour de soi. Kane a oublié ceci, pendant très longtemps.

— Tu es bien la seule Humaine comme ça.

Après un moment, Kane s’éloigne pour remettre une distance convenable entre leurs deux corps. L’Aberration sourit. Il a l’air heureux, pour une fois. Un fin sourire se dessine sur ses lèvres, sans même qu’il ne s’en rende compte. Ce qui peut sembler bête, puisqu’il n’y a pas de quoi avoir l’air si heureux. Ou alors c’est peut-être parce que pour une fois, il a joué la carte de l’honnêteté ?

— Ou alors ce que je dis est complètement ridicule et... Je ne sais pas...

Et tu vas me tourner le dos comme la dernière fois ?

[/quote]

_________________________________________

FEEL THE THUNDER
• lilie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Présentation : Astraé n'a pas beaucoup d'amis, étant rapidement assimilée aux idées du parti que dirige son père elle est vite jugée et méprisée pour oser défendre les Aberrations ▬ Elle en veut quelque part aux Aberration pour la persécution à laquelle elle était sujette petite et qui persiste aujourd'hui ▬ Astraé est très curieuse face à la culture de l'ancien temps ▬ Bien que ça lui soit interdit en tant que citoyenne, elle aime les arts. Ils lui permettent de ressentir des émotions sans avoir à utiliser de mots ▬ Elle vit difficilement la mort de la vice-présidente du parti progressiste, sa mère présumée, ce qui altère sa façon d'être ▬ Astraé porte une importance grandissante à se poser les bonnes questions pour savoir ce qu'elle pense de tout ça et savoir pour quelle cause elle veut se battre
Matricule : étudiante, formée pour devenir chef du parti progressiste
Messages : 103
Avatar : Rosie Tupper
Habitant de la Citadelle depuis : 29/09/2017

Identité
Âge: 21 ans
Quotient:
23/300  (23/300)
Allégeance: Progressistes
MessageSujet: Re: Not so bright realty ♦ Kane   Lun 19 Nov 2018 - 2:15

Not so bright realty


Son geste me surprend et me choque presque. Comme le signe que l'exaspération que je lui inspire n'est qu'une émotion et que, derrière, se cachent des sentiments qui n'ont rien d'une animosité partagée.

Il voulait être là. Me consoler. Mais je ne cédai pas. J'avais beau ne pas le repousser et suivre son mouvement, je ne permettais pas à ces larmes de courir sur mes joues. En ça, je venais à envier l'éducation des Aberrations... Quitte à ne pouvoir être maître de ce que l'on ressent, autant tout faire pour éviter de ressentir. Ça devait faire beaucoup moins de mal au cœur.

Le manque de pudeur ne me dérangeait pas en cet instant. En tout cas, pas avant qu'il ne le souligne. J'étais loin d'en rire... et plutôt à sentir mes joues devenir écarlates ; c'était plus que mal placé. D'autant plus de mon point de vue. Je trouvais mille faiblesses à ses mots. Comme si ma logique venait contester toutes les raisons qui forçaient notre distance et en même temps rendaient notre lien si particulier. Une oscillation lourde autant pour lui que pour moi. À ne pas pouvoir être nous-même, ni même oser l'être...

Oh comme je voulais oser. Envoyer paître les règles et ce bleu auquel j'étais tant attachée.

Mais je m'efforçais de tenir bon. Pour de bonnes raisons. Quand bien même cela engendrerait de mauvaises conséquences. Lorsque Kane se recule, j'évite encore son regard. Fermée, à vouloir œuvrer pour enlever ces larmes vacillantes de mes paupières, cesser qu'elles se produisent. Je veux l'arrêter, l'empêcher de croire qu'il y a quoi que ce soit de spécial entre nous... Lui dire qu'il est le seul à se faire du mal à chercher des excuses et croire que je n'accepte ses écarts que par simple complexe d'infériorité à vouloir me croire meilleure que les autres après avoir été tant jugée et malmenée plus jeune. Il fallait que je le stoppe, que je me fasse percutante et violente pour qu'il reprenne sa place et me laisse tenir la mienne.

Rien que d'imaginer les répercussions de ces mots me crève le cœur. Mais c'est un mal pour un bien. J'allais nous sauver, nous préserver.

Une nouvelle fois, mes lèvres s'ouvrent.

Aucun mot ne sort.

Je sens la colère monter en moi, comme l'annonce d'une culpabilité prochaine et une rancœur bien méritée.

Mon menton vient trembler à ces sanglots amorcer que je refrène encore. Je me vois à la fois honteuse et cruelle. M'inspirant un dépit de part mon manque de courage et de volonté. Une nouvelle fois ma main passe sur mon visage mais ici, s'y arrête, cachant mes yeux et mes lèvres. Sans doute ne pensait-il pas que ses mots pourraient avoir un tel impact sur moi. Et certainement que ces écarts qu'il s'autorisaient avec moi n'étaient en rien dû à une quelconque profondeur dans ce qu'il ressentait. Mais j'étais bien trop faible pour persévérer dans la ligne que je m'étais donnée... « Tu ne peux plus être mon protecteur Kane... je ne pourrais pas... je ne suis pas assez forte pour ça ; pour lutter contre moi-même. Et je n'ai pas à t'imposer cette situation... » Des larmes viennent rouler sur mes joues sans se voir accompagnées des sanglots réprimés. Ma main vient frotter ma joue et se perdre sur mon épaule. Il m'est impossible de le regarder... « C'est moi la ridicule de l'histoire. Je n'arrive pas à jouer leur jeu et... » les mots ne sortent pas et ça me fait mal. Ça me tue de le laisser ainsi et d'être incapable ne serait-ce que de dire les choses comme elles venaient.

Et alors je repense à ma mère. À toutes ces fois où je n'ai pas osé dire ce que je pensais. Que ce soit d'elle ou de ce que je ressentais pour elle. Ces moments que l'on aurait pu rendre uniques et qu'on a laissé s'échapper... Et alors mes yeux viennent croiser les siens, s'y ancrer. Comme un élan d'assurance que ce souvenir me procurait : la vie était trop incertaine et souvent trop courte. Je ne devais pas laisser l'histoire se répéter. « Je n'arriverai pas à ignorer ce que je ressens pour toi, Kane. J-je sais que ça n'est pas censé arriver... que ça nous met tous les deux en dangers et que c'est plus qu'injuste pour toi de devoir payer le prix de ma faiblesse, mais je n'arriverai pas à supporter te voir me détester. Ni à faire comme si de rien n'était... et j'ai peur que si mon père venait à l'apprendre... » Je secouai la tête et fermai les yeux, à échapper un sanglot à me dire que, peut-être, il ne comprenait pas les enjeux de ma réflexion. Que peut-être, il ne comprenait pas ce que je ressentais pour lui.

Tout se bousculait et se baladait dans mon esprit comme un mélange détonant mêlant mes sentiments, mes craintes, les risques, les règles et l'avenir. Une confrontation dont je ne parvenais pas à sortir... Il ne faisait aucun doute que j'étais totalement larguée, dépassée. Je perdais le cap et n'arrivai plus à réfléchir avec raison. Les sanglots s'enchaînent et les larmes continuent de ruisselet sur ma peau diaphane.

_________________________________________

darkest white
Hear the innocent voices scream, as their tormentors laugh through all of it. No forgiveness from all I've seen. The degradation I cannot forget. So sleep soundly in your beds tonight. For judgement falls upon you at first light.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Présentation : DAMAGED BEYOND REPAIR
Matricule : 8605-KAN-S2
Messages : 384
Avatar : Ash Stymest
Habitant de la Citadelle depuis : 11/02/2017

Identité
Âge: 21
Quotient:
283/300  (283/300)
Allégeance: Personne
Aberration
MessageSujet: Re: Not so bright realty ♦ Kane   Lun 19 Nov 2018 - 23:19


Not so bright Reality


Elle le fixe, tandis qu’elle commence à parler. Elle semble avoir beaucoup de choses à dire. L’Aberration est décontenancée. Alors il ne dit rien, et se contente de l’écouter parler jusqu’à qu’elle en ait fini. Elle lui dit qu’elle ne veut plus de lui, pleurant, puis il comprend clairement qu’elle ne veut pas non plus l’éloigner pour lui faire du mal. Certains mots le perturbent. Surtout quand Astraé parle de ses sentiments. Il ne sait pas comment les interpréter, il a aussi peur de se tromper et d’avoir l’air ridicule, surtout que ça lui paraît tellement improbable entre en Humain et une Aberration, qu’il se demande s’il fait bien de l’envisager. C’est si inhabituel qu’elle pourrait autant parler d’amitié que d’amour. Pourtant, quand il y pense, ce n’est pas quelque chose de si rare que ça. Sans être commun, ça arrive. Certaines Aberrations s’étaient faites engrossées et avait été exécutées. Le Dôme ne veut pas d’hybrides. Personne ne sait ce que ça donnerait en réalité, c’est peut-être pour ça. Des rumeurs laissent entendre que dans le cas contraire, si la mère est Humaine, elle ne survivrait pas à sa grossesse. Étaient-elles vraies ou totalement inventées pour empêcher Humains et Aberrations de s’unir, Kane n’en sait foutrement rien. S’il s’avérait qu’Astraé ressentait plus que de l’amitié à son égard, Kane ne saurait pas quoi faire. Il l’apprécie énormément, mais il ne se trouve pas assez stable psychologiquement pour répondre à ses sentiments. Il ne se sent simplement pas prêt à aimer ni à s’engager. Surtout à s’engager. Pour autant, il sait que sa porte n’est pas fermée ; parce qu’il l’apprécie beaucoup, et qu’elle semble tendre à faire ressortir le meilleur de lui-même, à condition de ne pas le jeter comme un malpropre évidemment. Peut-être était-ce le début de quelque chose, mais il est trop tôt pour pouvoir l’affirmer avec certitude. Non pas que tomber amoureux d’une Humaine l’arrange. Il sait que s’il se lance là-dedans, il sera pris au piège. Alors pour l’instant, il va se contenter de laisser cette partie de côté. Et malgré tout ça, il la prend très au sérieux. Sa voix se fait douce.

— Par où commencer...

Kane soupire longuement, sourit un peu, essaye de faire preuve de toute la détermination dont il est capable en prononçant ces mots :

— D’abord, tu n’es pas ridicule. Et tu n’es pas faible non plus.
(Il marque une pause : ) Quant à ton père... Il n’a jamais vraiment joué le jeu non plus, avec moi tu sais. Il a toujours été extrêmement bienveillant envers moi. Peu importe sa réaction, je ne pense pas qu’il en vienne à te causer du tort s’il venait à l’apprendre. Enfin, c’est ce que je pense.

Kane a beaucoup d’estime pour le père d’Astraé. C’est l’un des rares humains qu’il apprécie à Ikaros. Il sourit davantage. Voir Astraé aussi honnête lui fait plaisir, même si ça semble coûter à la jeune femme. Ca lui coûte tant qu’elle sanglote. Kane finit par ajouter :

— Tu n’es pas obligée de jouer le jeu, je pense. Je vais paraître utopiste, mais je pense que faire semblant suffit. Tant que tu es assez crédible pour qu’ils ne se doutent de rien. Tu n’es pas obligée d’être forte. Pas tout le temps. Tu n’as pas besoin de me protéger non plus. Je suis assez grand pour prendre mes décisions tout seul. Je suis assez grand pour me mettre dans la merde tout seul. Ne porte pas ce fardeau toute seule. Et dis-toi bien que si c’est pas toi ça sera pour autre chose. Décide pour toi d’abord. Je déciderais pour moi ensuite.

Les doigts de Kane finissent par effleurer la joue de l’humaine, pour essuyer quelques larmes délicatement. Puis il change d’avis, déclare avec une certaine pudeur, une certaine gêne. Il espère qu'il a bien réussi à la rassurer. Il ne se trouve pas très doué pour ça, mais il espère vraiment que ça lui fera du bien, qu'il aura trouvé les bons mots.

— Finalement, ça serait mieux que tu arrêtes de pleurer.



_________________________________________

FEEL THE THUNDER
• lilie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Not so bright realty ♦ Kane   

Revenir en haut Aller en bas
 
Not so bright realty ♦ Kane
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Kane Vs John Morrison
» Kane, Dolph Ziggler & Randy Orton VS Edge, Justin Gabriel & Chris Jericho
» Kane Vs HHH
» Sgt Brad Vs Kane
» Dark TLC Match - Alberto Del Rio Vs Kane

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
ALTERED MINDS :: It's our time to make a move :: Centre-ville :: Clinique :: Chambres-
Sauter vers: