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 Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)

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MessageSujet: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Lun 10 Sep 2018 - 4:15

Restless and without breath
ft. Astraé Keppler

Il n’a pas beaucoup revu l’Humaine depuis la dernière fois. Elle ne lui a pas manqué, pas vraiment. Il a beau faire le malin quand il la voit, au fond elle l’impressionne. Son employeur ne le lui avait plus confié sa garde depuis. Lui avait-elle défendu de lui imposer sa présence ? Kane ne s’en était pas plaint en tout cas, il s’est bien gardé de faire une quelconque réflexion à ce sujet. Aldébaran lui avait demandé d’apporter à manger à sa fille. Kane s’est exécuté sans rechigner, mais pas sans angoisse. La logique ne voudrait-elle pas qu’il soit plus effrayé par Aldébaran que par la jeune femme ? Ceci dit, cela fait un moment que la logique de ce monde est discutable. Il s’est dit tant qu’à faire, autant lui cuisiner quelque chose de bon, quelque chose qu’il a l’habitude de manger et qu’il aime plutôt que d’apporter un repas tout préparer du dôme ; ce n’est pas un réflexe qu’il avait, et en plus, ces plats avaient la réputation d’être assez fade. Et puis il réalise que dans la Tour de verre, il n’y a pas vraiment de cuisine pour faire à manger, et que ce serait beaucoup plus simple d’essayer de trouver quelque chose de déjà préparer. Après un tour à l’extérieur, il revient dans la tour, un peu déçu de ses plats. Il ne sait pas s’il va plaire à Astraé. Il s’agit de riz blanc avec du poulet vapeur. L’assaisonnement a l’air minimal. Arrivé à son objectif, l’Aberration frappe à la porte de son bureau, sans réponse. Après un moment d’attente, il décide de rentrer pour voir si tout va bien. Il se rend vite compte qu’elle s’est endormie, tant et si bien que des papiers se sont froissés sous ses bras. Il dépose le plat non loin d’elle avant de mettre sa veste noire et rouge sur les épaules de l’Humaine, pour lui tenir un peu chaud, c’est peu, mais c’est mieux que rien. Il remarque un petit objet qui s’est échappé de la main d’Astraé : une pièce dorée vraisemblablement. Kane l’observe quelques secondes, réalise que c’est un objet qui ne devrait pas être entre les mains d’un Humain, mais aussi que ça doit être quelque chose de précieux, assez pour qu’il le pose sur le couvercle de son repas, pour qu’elle le retrouve rapidement à son réveil. Se faisant aussi petit et silencieux qu’une souris, il va s’asseoir sur un siège près de la fenêtre, décide de rester près d’elle, le temps qu’elle se réveille et de manger aussi. Il regarde la vie suivre son cours en bas, la blancheur centrale du dôme, et son aspect de plus en plus sale en allant vers le mur. Tout en mangeant, il se rend compte à quel point la nourriture des Humains est fade, une fois de plus. Le bureau d’Astraé donne sur une partie de la zone industrielle et de la zone désaffectée, d’où l’aspect sale. De l’autre côté de la tour, la vue doit être différente.
Il réalise alors que son travail l’a épuisé. Il travaille beaucoup et a peu d’heures pour récupérer. Il appuie son menton dans le creux de sa main, le bras accoudé au bras du siège, il décide de se reposer les yeux deux minutes et ces deux minutes se transforment vite en une sieste imprévue, grâce à son ventre plein notamment, s’allongent, de manière tout aussi imprévue. Le jeune homme n’avait pas l’habitude de dormir en présence d’Humains. Plus ça va, plus le haut de son corps penche d’un côté, promettant un réveil en sursaut.

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Dernière édition par Kane le Ven 14 Sep 2018 - 18:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Lun 10 Sep 2018 - 15:43

Restless and without breath


On ne soupçonnerait pas qu'un travail mental puisse être tout aussi épuisant qu'un travail physique. Si je n'avais jamais vraiment eu à m'épuiser physiquement, je savais qu'en se dépensant nous nous vidions de toutes les tensions, qu'on finissait par ressentir une plénitude certaine une fois la tâche terminée. La réflexion par contre, ne proposait aucun soulagement en récompense. Non. Tout ce qu'on récoltait, c'était un poids de plus sur notre esprit. Résoudre un problème ne nous faisait penser qu'aux autres problèmes. Et des problématiques, il n'en manquait pas au sein du parti progressiste...

Enfant, je déplorais que mon père soit constamment préoccupé par cette mission qu'il s'est donnée. Mais aujourd'hui, je ne peux que comprendre cette attention qu'il portait à son travail. Il n'avait pas d'autre choix s'il voulait voir les choses avancer. Je ne saurais lui en vouloir, aujourd'hui, d'avoir manqué certains instants que j'aurais partager avec lui. Tout ce que je pouvais regretter, c'était d'avoir un père qui se voulait investi d'une quête pour le bien du plus grand nombre. Une générosité et une considération pour les autres qui me faisaient souvent défaut.

Il fallait bien que jeunesse se fasse, me disait-il. Optimiste quant à l'idée que je puisse marcher dans ses pas un jour prochain. Ce jour ne me tardait pas le moins du monde. Mais effectivement, j'acceptais qu'il me persuade qu'il s'agissait uniquement d'une question de maturité.

Les heures s'étaient allongées où j'étudiais une réforme proposée il y a plusieurs années et qui avait été rejetée. Il s'agissait d'une proposition estompant les différences vestimentaires entre Aberrations et humains. Où les Aberrations les plus méritantes pourraient obtenir les habits blanc. Évidemment que ça n'était pas passé... Il fallait que je trouve un moyen de revoir le dossier pour lui redonner une légitimité aux yeux du conseil. C'était fastidieux tant ça représentait un casse-tête. Comment concilier les idées progressistes avec celles du gouverneur ?

J'avais sorti de ma poche la pièce que je n'avais toujours pas donné à cette femme des bas quartiers. Cette idée m'était restée et aujourd'hui, je ne l'avais pas croisée. Comme pour canaliser ma concentration, je faisais vagabonder l'objet interdit de phalange en phalange à un rythme constant. Dans les lignes qui défilaient, une annotation en marge arborant l'écriture de ma mère fit son apparition. Je cessai de jouer avec la pièce qui tomba sur le bureau. Effleurant l'encre de mes doigts, je ne pus m'empêcher de repenser à elle. Son visage, son sourire... sa présence. Je fermai les yeux à retenir les larmes qui me montaient peu à peu et posai ma tête au creux de mes bras que je croisai sur le bureau. L'émotion des souvenirs et de la perte ajoutée à la fatigue me lova dans les bras de Morphée sans crier gare.

Deux ou trois heures après, je rouvris les yeux, un sursaut de conscience auquel mon corps ne réagît guère. Je devais vraiment être épuisée... Alors que mes paupières papillonnaient pour me reconnecter à la réalité, je constatai un plat posé à côté de moi. Et par-dessus, le scintillement de la pièce me fit, pour le coup, réellement sursauter. Je la saisis tout en me levant d'un bond. De mes épaules glissa une veste dont je n'avais aucun souvenir. Une veste noire avec cette marque rouge... Balayant la pièce, je craignais qu'un œil inquisiteur ne vienne à poser des questions sur cet objet et la raison de sa présence. Mais il n'y avait que la nouvelle lubie de mon père qui somnolait face à la baie vitrée. « Kane ! » Lançai-je d'un ton autoritaire en espérant le surprendre assez pour qu'il tombe de sa chaise. « Que fais-tu là ? »

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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Lun 10 Sep 2018 - 22:05

Restless and without breath
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Kane s’est endormi assez profondément. Il n’aurait pas dû. L’Aberration se réveille en sursaut quand il entend son prénom, manque de tomber de son fauteuil avant de se rattraper de justesse à l’accoudoir. Il fronce les sourcils. Ses paupières papillonnent plusieurs fois, chassant le noir qui avait envahi ses yeux une seconde plus tôt, en proie à la surprise. Il l’a à peine remarqué. Ce sont ces yeux qui font particulièrement peur aux Humains, c’est ce qui matérialise le plus clairement leur différence... en plus du reste.

— Que fais-tu là ?


Un autre jour, une même question. Il en grognerait presque. La réponse est pourtant évidente.

— Je mets au point un plan machiavélique pour faire exploser le dôme, dit-il en souriant, de ce sourire faux et artificiel qui lui est on ne peut plus familier. Il s'est forcé. Puis il ajoute, un peu plus sérieux : je t’ai apporté à manger.

Il passe le passage où il s’est dit qu’il était resté pour veiller à ce que rien ne lui arrive pendant qu’elle dormait... C’était loupé, il s’était endormi profondément. Non seulement il n’était pas retourné rapidement auprès d’Aldébaran, mais en plus il n’avait pas su veiller convenablement sur Astraé. Double peine. Il espérait qu’il n’avait pas dormi assez longtemps pour que cela lui soit préjudiciable. Si Aldébaran lui passerait facilement cette erreur, il n’allait pas gagner des points auprès de la jeune femme. Il passe aussi le passage où il a posé sa veste sur ses épaules. Ca ne rime à rien pour elle. Ca signifie rien. Il ne signifie rien. Kane n’est qu’une gêne à ses yeux. Comme pour la plupart des Humains.

L’Aberration se redresse entièrement, se rapproche de la vitre, profondément silencieuse, observe un moment de silence, passe ses doigts sur ses tatouages, couvrant les cicatrices des mutilations passées. Avait-il vraiment changé durant cette dernière année ? Son état s’était-il amélioré ? Des questions auxquelles il n’avait pas de réponses. Kane est plein de promesses qu’il n’arrive pas à tenir. Il n’y a que le désespoir qui le tient. Il passe la main sur sa nuque, là où sa puce se trouve, se dit qu’il devrait peut-être l’enlever finalement. Ca ne ferait pas de lui un meurtrier pour autant, non ? Même en l’enlevant, il n’avait pas l’intention de tuer qui que ce soit. La main continue son trajet jusqu’à l’endroit où le couteau d’Astraé l’a coupé. La cicatrisation suit son cours. Ce monde lui donne la nausée.

Aujourd'hui, Kane ne se sent pas particulièrement dans son assiette.


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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Lun 10 Sep 2018 - 23:16

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Son sourire narquois me fait sourire de même, sans amusement, sans plaisir autre que celui de rétorquer quelque chose. D'un ton plus sérieux, il m'annonça avoir apporté à manger. Je me tournai vers le bureau, le plat apporté. Un léger soupir me traverse. Mon ventre gargouillant notait que ça n'était pas une attention dénuée d'intérêt. Mes yeux se baissent jusqu'à la veste que je prends dans ma main et enfile. L'air été frais...

En me retournant, je vois Kane vers la vitre, songeur et pensif. Bizarrement, je n'avais pas envie de le charrier en quoi que ce soit. A vrai dire, je me sentais même assez gênée de l'avoir ainsi alpagué alors que son geste notait d'une certaine générosité. « Merci », échappai-je à voix basse. Fatiguée et affamée, je prends le plat, l'ouvre et m'arme de la fourchette fournie. Je m'approche de Kane et observe la vitre. « As-tu mangé ? » M'enquis-je en prêtant attention à sa mine des plus mornes.

Si je ne le connaissais pas des plus expressifs, il avait l'air encore plus patibulaire qu'à l'accoutumée. J'avais beau ne pas lui témoigner d'intérêt, je n'étais pas totalement imperméable à sa présent. Si j'y voyais surtout les désavantages, comme le visage des autres qui jugeaient de voir des humains proches d'Aberrations, l'inconnu que représentaient ces êtres dotés de pouvoirs et d'une puissance que l'on ne pouvait jauger, je n'étais pas sans considération pour les autres. Et Kane, malgré ce que j'en disais et voulais m'en persuader, n'échappait pas à cette considération.

Ma tête me semble lourde, lourde des pensées que j'avais eu avant de m'endormir. Ma mère me manquait, à n'en pas douter. Et son souvenir me hantait jusqu'à altérer mes humeurs. Pour l'heure, je n'étais pas à l'agressivité et au dédain... « T'as l'air préoccupé. Qu'est-ce qui ne va pas ? Tu as l'air pâle... » l'interrogeai-je, soucieuse. Si je n'avais pas un ton très amical ni une expression particulièrement avenante, mon intérêt était réel. Bien que je m'attendais à me faire rabrouer. Je n'étais pas la personne la mieux placée pour jouer les oreilles attentives au vu de nos derniers rapports. La marque sur son cou disparaissait au fil des jours, mais elle était toujours présente. Mon regard s'attarda dessus un bref instant. Une légère culpabilité que je n'irais aucunement avouer.

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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Mar 11 Sep 2018 - 0:04

Restless and without breath
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— Merci, murmure-t-elle tout à coup, l’extirpant de ses pensées.

Il se tourne et remarque qu’elle porte sa veste. Quand elle lui demande s’il a mangé, il acquiesce simplement, en guise de réponse. Il n’a pas beaucoup mangé cependant. D’habitude il mange un peu plus mais aujourd’hui, non. Sa cicatrice lui fait mal, signe que l’air du dôme doit être un peu plus humide que d’habitude.

— T’as l’air préoccupé. Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu as l’air pâle...

Beaucoup de choses lui viennent à l’esprit. Beaucoup de choses tristes, des choses déprimantes. Un constat sur sa vie, sur ce monde. Kane hurle à l’aide, sans oser la demander de vive voix.

— C’est rien, ment-il, les lèvres tremblant légèrement.

C’est rien. Pas tout à fait un mensonge, dans le sens où rien ne va, justement. Kane n’a pas spécialement envie de raconter sa vie à Astraé, ni à personne d’autre en fait. Il ne l’envoie pas sur les roses, mais ne semble pas prêt à s’ouvrir de la sorte, pas tant qu’il n’aurait pas la preuve qu’il pouvait compter sur elle. C’était probablement la même chose pour elle. La jeune femme a peut-être besoin d’une raison pour lui faire confiance, mais ils semblent avoir du mal à se comprendre. Il n’arrive pas à parler. Les mots sur ce qu’il a vécu ne viennent pas, ne sortent pas, pourrissent à l’intérieur et le consume à petit feu. Il est malade, d’un mal que beaucoup d’Humains ont choisi d’ignorer.

Et demain, ça ira peut-être mieux. L’important c’est de combattre un jour après l’autre, de gagner bataille par bataille. Kane part défaitiste : faute d’alliés, éventuellement, il perdra la guerre. Il jette un regard à l’Humaine. Il la fixe, simplement. Il la regarde manger, se dit qu’elle a bien de la chance, quand même. Il finit bien par détourner le regard, avant que son regard ne croise le sien. Ses lèvres s’entrouvrent, sans qu’un son n’en sorte, se referment. Elle s’ouvre à nouveau et il murmure, d’une voix posée :

— Tu as raison. (Il marque une pause avant d’ajouter : ) Peut-être que je ne suis pas fait pour ça, protéger. Mais malgré tout, je suis là. Et j’essaye.

J’essaye. Les yeux de Kane se mettent à briller et il sourit, d’un sourire beaucoup plus authentique, mais véritablement chagriné. Ses yeux papillonnent à nouveau, chassant les larmes de ses yeux avant qu’elles ne roulent sur ses joues. Il se racle un peu la gorge puis choisit de changer de sujet :

— C’est une chouette pièce que tu as là. Fais attention à ce qu’un autre Humain ne la voit pas, tu risques de salir ton quotient.


Il décide de s’asseoir par terre, et de continuer à regarder dehors comme il le faisait auparavant. C’était plus facile que d’affronter le regard d’Astraé.



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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Mar 11 Sep 2018 - 3:05

Restless and without breath


Au moins il ne me rejetait pas. Je n'aurais peut-être pas intérêt à pousser le bouchon plus loin. Je n'étais pas dupe, il était mal. Mais nous n'étions pas amis, ni proches d'aucune façon. Ce pouvait être différent. Dans d'autres circonstances, ça aurait été complètement différent. Ce n'était pas le cas.

Restant à côté de lui, je mange avec parcimonie. De petites fourchettes, d'intervalles assez longs. Seule, j'aurais certainement tout dévoré. Je n'étais pas particulièrement adepte de ces plats préparés. Ni de la nourriture en générale. Hormis ce qui était jaune, allez savoir pourquoi... Finalement, des mots se mirent à trouver le chemin entre les lèvres de l'Aberration. Il m'accordait raison sur sa potentielle incompétence à me protéger. Je cillai et tournai mon regard vers lui. Ça aurait pu me satisfaire qu'il le dise. Une excuse pour dire à mon père qu'il s'était planté et qu'une Aberration n'était pas le meilleur choix pour un protecteur. Mais le fait qu'il essaye, qu'il n'ait pas choisi cette place, ça rendait cette excuse irrecevable pour le congédier.

Et alors dans son regard, ses traits, j'ai l'impression de voir une part humaine. Une sincérité marquante bien que subtile. Mes sourcils se froncent, empathique à la peine qui semble l'habiter à cet instant. Cependant, il dévie le sujet sur ma pièce. Complimentant sa beauté, notant son illégalité. J'expire un rictus. « Salir mon quotient... pour ce que j'en fais... » déplorai-je en tournant le dos à la vitre, m'appuyant sur elle alors qu'à côté, Kane s'était assit vers la ville. « Un brassard bleu ne t'autorise pas à choisir ta voie. Et je suis plus médiocre politique que tu peux l'être en protecteur, j't'assure », décrivis-je avec un sourire gêné. Quand je voyais mon père, son rôle et ce qu'il apportait, je ne me sentais pas à la hauteur. Je craignais de ne jamais l'être. « Je préférerais mille fois ne pas fréquenter cette tour, d'avoir un poste de contrôleur en qualité de vie, en hygiène du travail ou même en technicien de surface. J'me sentirai plus utile et plus à ma place. Mais on ne choisit pas. Ni toi, ni moi. » Affirmai-je avec fatalité.

Je remarquai avec un légère appréhension qu'il s'agissait de la première fois que nous parlions avec un sérieux dénué de mauvaise fois. En tout cas, pour ce qui était de ma part. Je ne le voyais pas en tant qu'Aberration mise au service de ma famille, juste comme Kane et l'être qu'il était. « Face à ça, tu comptes faire quoi, toi ? » Face à l'idée d'être à un poste que l'on n'est pas sûr de pouvoir tenir. Devoir faire face à des responsabilités que l'on n'a pas réellement choisi d'endosser. Un poids qui pouvait peser bien plus lourd que ce à quoi on s'attend... Quelle alternative entrevoyait-il ?

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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Mar 11 Sep 2018 - 23:22

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Astraé lui partage son désir de ne pas être ici. Finalement, ils se ressemblent un peu plus qu’ils ne veulent bien le croire. L’Humaine est elle aussi coincée dans un rôle qui ne lui correspond pas, elle non plus.

— Je ne sais pas, soupire-t-il en jouant avec son lacet. Je suis un peu coincé, là.

Il observe un moment de silence avant de se rendre compte que ça pouvait créer un malentendu. Il ne voulait pas du tout dire qu’il ne voulait pas être avec Aldébaran, ni Astraé d’ailleurs. Au contraire, même.

— Je dois avouer que je suis quand même bien tombé... Si ça n’avait pas été Aldébaran, je serais peut-être déjà mort. J’ai peut-être une dette envers ton père, surtout qu’il est peut-être bien le seul à vouloir de moi comme protecteur.

Son ton semble presque léger, il rit même un peu mais sans faire preuve de sarcasme. mais il ne fait qu’énoncer la réalité. Un quotient de 285, vous vous rendez compte ? Personne ne veut d’une Aberration avec un quotient pareil. Il s’allonge sur le sol, pensif.

— Tu sais, je crois qu’on ne peut pas bâtir de grands projets dans nos vies. Je veux dire, on a le même âge, pourtant j’en suis déjà à la moitié de ma vie quand tu en es au quart. Il y a peu de chances que je dépasse ma quarantième année, à vrai dire, elles sont même quasiment nulle. Enfin... j’imagine que je ne t’apprends rien... Du coup... je te retourne la question.

Son mal-être semble s’effacer quelque peu. Il n’est certes pas tout guilleret, mais il ne semble plus sur le point de fondre en larmes. Cette conversation, plus ouverte que les autres, le rassure un peu. Il se sent un peu plus en sécurité avec elle. Il se redresse finalement sur ses coudes, observe Astraé de la tête au pied, son regard s’arrête sur sa veste. Elle la porte comme si c’était la sienne, sans se préoccuper de ce qu’elle représente.

— Le noir te va bien. Enfin, loin de moi l’idée de vouloir insinuer quoi que ce soit mais... ça te va bien.

Il se souvient qu’il y a les plaques de Lexa dans la poche de celle-ci. Kane a un instant de panique intérieur, puis décrète qu’il n’y a aucune raison qu’Astraé aille mettre les mains dans ses poches (à moins qu’elles ne tombent) et ensuite, il n’y a pas non plus de raison que la jeune femme garde sa veste, surtout pour se promener à l’extérieur de cette pièce : il sait que ça risquait de paraître malvenu ou pire encore, qu’elle perde l’objet.

— Je voudrais juste être libre je crois... Ne pas avoir l’impression que le simple fait de respirer est un crime. Ca serait déjà un bon début, je crois.

Kane regarde à nouveau à l’extérieur puis déclare :

— Je suis sûr que tu peux le faire, être présidente du partie. La seule chose, c’est que tu ne nous connais peut-être pas encore assez... Sans vouloir être désagréable, encore une fois.


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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Mer 12 Sep 2018 - 1:27

Restless and without breath


Mes yeux se perdaient face à moi. S'aventurant sur le bureau, le mur, tout sauf ce qui pouvait me répondre. Une voix suffisait. Peut-être que cela suffisait également pour l'Aberration qui m'accompagnait. Il n'a pas de réponse et n'estime pas être le mieux placé pour en avoir une.

La moitié de sa vie... Je n'étais même pas au quart de la mienne. Un soupir. J'enviais son espérance moindre. Les personnes d'un âge avancé paraissaient si fatiguées, lassent de leurs vies, de ces combats à mener, de ces causes à défendre. Toute cette énergie pour devenir quelqu'un ou aider autrui à le devenir. Ces heures de travail à espérer obtenir une solde suffisante pour maintenir son quotient. Entretenir une famille que l'on ne choisit pas et dont la survie nous préoccupera jusqu'à notre dernier jour...

Pourtant, c'était ce qui m'attendait. Loin d'avoir la passion et l'enthousiasme à m'occuper de ces choix que le gouvernement pense savoir mieux faire que nous, j'avais remis mon sort entre leurs mains. Bientôt me serait annoncé un fiancé et nous nous engagerions dans le modèle que la société prône. Je ne me reconnaissais pas dans cette vie. Je n'avais pas à me plaindre d'y être contrainte, au vu de ce que l'on forçait les Aberrations à vivre. Cependant, j'estimais avoir le droit de ne pas me sentir à ma place dans cette vie tracée d'avance.

Toute mon enfance s'est vue aseptisée. À l'image de nos brassards bleus, nous étions le modèle désiré par la société. Cette petite pièce que je gardais, comme certaines déviances que chaque personne avait, n'était que l'expression d'un désir silencieux : celui de ne plus jouer leur jeu. De ne plus vouloir cautionner les conséquences que cela impliquait. Mais je n'avais aucune alternative. Aucune réponse à donner... Alors je me contentai de hausser les épaules lorsqu'il me retourna la question.

Un bref silence s'installe alors que l'Aberration allongée se hisse sur ses coudes. Je ne sens pas son regard se poser sur moi, trop occupée à me laisser hypnotiser par le mur qui me faisait face - si bien que j'avais cessé de manger - mais sa remarque me fit ciller et plaquer mes yeux sur lui. Effectivement, j'étais de noir vêtue. Un sacrilège pour beaucoup. Peut-être pouvait-on même baisser mon quotient parce que j'osais préférer porter du noir plutôt que d'avoir froid. Après mon regard froid, c'est l'esquisse d'un sourire qui se logea sur mes lèvres et détendit mes traits. Ses mots n'avaient aucune mauvaise intention, quand bien même son compliment me gênait.

Passé ce léger trouble, Kane m'avoua qu'il aspirait simplement à être libre. Être libre d'exister. C'était là une bien noble et modeste aspiration qui, dans la bouche d'une Aberration, prenait tout un sens. Sans s'attarder sur cette ambition, il déclara que malgré mon manque de connaissances sur son espèce, je ferai tout de même une bonne présidente du parti progressiste. « C'est vrai... je ne connais pas grand chose sur ton espère. J'en sais bien plus sur l'ancien temps, sans doute. Loin d'être un hobbie que l'on soupçonnerait chez un citoyen modèle... » avouai-je d'un air assez contrit. Je n'étais pas à l'aise avec l'idée que Kane connaisse ce détail de ma personne.

Terminant une bouchée du plat, j'allai le reposer sur le bureau, le refermant minutieusement avant de venir m'asseoir par terre à côté de Kane. « J'aurais aimé en savoir plus sur vous. Qu'il y ait un moyen de voir votre réalité autrement qu'au travers des yeux du gouvernement. Mais cette curiosité a fait de mon enfance un calvaire. M'intéresser au passé, avec le poids du parti de mes parents et mon insouciance face aux Aberrations... ça m'a coûté cher. Les autres enfants de mon âge, et même plus vieux ou plus jeunes, s'octroyaient le droit de me persécuter. J'étais une pestiférée. Ce qui n'a pas vraiment changé au vu de mon cercle d'amis actuel, il y a juste les railleries ouvertes et les bousculades gratuites qui ont cessé », ajoutai-je en échappant un léger rire comme si ça n'avait plus d'importance aujourd'hui, d'être seule. « Bien des choses qui font que je ne me sens pas à ma place, assise face à cette vitre à pouvoir observer le monde vu d'en haut... ne te moque pas si je te dis que moi aussi, j'aimerai pouvoir être libre. Libre de respirer au rythme qui me sied, ne plus avoir à me soucier de la couleur que l'on m'attribuera si je me laisse aller. » Des paroles lancées dans les airs comme si je parlais dans le vide. Pourtant, une oreille attentive était là, tout près de moi...

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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Mer 12 Sep 2018 - 13:50

Restless and without breath
ft. Astraé Keppler

Astraé n’a pas de réponse à lui donner non plus. Puis il craint d’avoir dit une bétise : l’Humaine tourne les yeux vers lui, le regard noir. Puis elle sourit. Kane ne sait pas trop quoi penser de ce qu’il vient de se passer, alors il décide de ne pas faire de commentaire. Puis elle admet qu’elle ne connait pas très bien les Aberrations. L’électrokinésiste esquisse un sourire joueur :

— On peut y remédier, si ça te tente.


Pour son intérêt pour l’Ancien temps, ça ne le surprend pas vraiment. Tel père, telle fille, après tout. Aldébaran n’a pas seulement montré un intérêt pour les Aberrations, mais aussi à l’Ancien Temps. Après tout, les deux sont sûrement intimement lié. A cette époque, on ignore toujours d’où vienne les Aberrations. C’était typiquement le genre de choses dont Kane se fiche éperdument. Il préfère les Humains dans ce genre-là, parce qu’ils le traite comme un être vivant, à l’inverse de nombreux des semblables de la jeune femme. Il n’allait pas la dénoncer. Elle se décolle de la vitre pour aller poser son plat sur son bureau, probablement. Astraé vient alors s’asseoir près de Kane. Il se réajuste au niveau des coudes, se sentant assez inconfortable. Puis il hausse les épaules plus ou moins :

— Il y a beaucoup de gens stupides dans ce monde. Humains ou Aberrations sans distinction.

Ceci dit, il comprend ce qu’elle veut dire, ce qu’elle vit, dans une mesure un peu différente. Il la prend très au sérieux, ne rit pas. Ils étaient passés des menaces au couteau aux discussions pépères entre vieux amis. Kane s’allonge à nouveau ; la position lui fait mal aux épaules puis pose ses mains sur son ventre, se gratouille avec l’une d’elle brièvement. Sa cicatrice lui fait toujours un peu mal. Les tourments d’Astraé lui paraissent bien superficiels par rapport au sien, cependant, les Humains ne vivent pas la même cruauté. Jamais un Humain ne vivrait la même chose que lui, il le savait, alors pour un Humain, ce que vivait Astraé pouvait déjà être terrible. Elle le vivait mal, à son niveau et c’était déjà assez dur pour elle.

— Je serais là.

Il tourne la tête vers elle, la regarde, toujours sérieux.

— Je ne sais pas ce que tu crois, mais je ne suis pas ton ennemi.


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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Ven 14 Sep 2018 - 23:19

Restless and without breath


Une proposition enfantine émane de la bouche de l'Aberration, sous-entendant qu'il pourrait m'en apprendre un peu plus sur son espèce. Mes connaissances n'étaient que théoriques et superficielles étant donné que les circonstances m'avaient toujours éloignées des Aberrations avec lesquelles j'étais amenée à tisser de réels liens.

Cette façon dont les autres humains ont de vous juger lorsque vous êtes en compagnie des ces êtres... ça a quelque chose de perçant. J'aurais aimé ne rien avoir à en faire, ne pas y prêter d'attention. Mais comment l'éviter lorsque ça en vient à des actes de violence ? Comment l'ignorer quand on sait derrière que notre nom se doit de garder une image ? La notoriété des Keppler était indiscutable, et nous étions tous porteurs de l'image qui sera collée sur ce nom. Je ne voulais pas l'entacher. Ce n'était que dans cette optique que j'essayais de faire au mieux. Parce que je savais que telle était la volonté de mon père : nous devions appuyer une image irréprochable pour que nos états d'âmes laissés de côté servent une plus grande cause : celle des ces Aberrations que l'on peine encore à considérer comme ayant le droit de vivre à Ikaros.

Pourtant, elles ont toujours fait partie de ce monde... que s'était-il passé pour que ce écart soit ainsi creusé ?

Personne n'avait de réponse. Alors dans le doute, on se méfiait, on les contrôlait, les isolait. Parce qu'on avait peur. En réalité, tout se résumait à cela : la peur. Et cette dernière m'habitait à plus forte raison depuis la mort tragique de ma mère... « Ne te méprends pas, Kane. Je ne te considère pas comme un ennemi. Seulement comme une menace. Et si ça peut avoir quelque chose de rassurant, chaque nouvelle rencontre a ce goût amer depuis que... » Je cille et ne termine pas ma phrase. Secouant la tête de droite à gauche pour mettre ces mots de côté. « Enfin disons que mon père n'a pas choisi le meilleur moment pour prendre une personne comme toi à son service. Tu peux comprendre que côtoyer des Aberration est une chose, quelque soit leur quotient. Mais c'est difficile de ne pas juger et se méfier lorsque cette personne sera sur tes pas à chaque instant », me justifiai-je en le toisant d'un œil à la fois perplexe et fasciné. Comme si cette peur qu'il m'inspirait avec quelque chose d'attirant.

Pourquoi aimer le danger ? On attend des citoyens modèles que leur quotidien soit méticuleusement calculé, propre et transparent. Peut-être que ça ne me correspondait pas, qu'au fond j'avais envie d'avoir peur, de connaître autre chose. La fascination de l'inconnu, le goût du risque, peut-être que ça m'allait mieux que ce brassard bleu que je tenais pourtant à arborer. Mon regard restait cependant plus profond que d'ordinaire.

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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Sam 15 Sep 2018 - 0:42

Restless and without breath
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Il se redresse alors subitement pour revenir dans une position assise, les jambes croisées. Décidément, il a la bougeote aujourd’hui. Il glisse sur le sol pour se rapprocher d’Astraé et se placer face à elle. Ennemi ou menace, pour lui, c’est la même chose. Astraé se sent menacée par sa présence.

— Je ne suis pas celui qui a tué ta mère. Et honnêtement, je crois qu’il est plus probable que ça soit un Humain qui l’ait tué plutôt qu’une Aberration. Excuse-moi de la calomnie, ceci dit.

Pour le coup, Kane fait preuve d’une indélicatesse sans nom. C’était assez maladroit, cela va sans dire. Pour lui, cela tenait plus du complot, que d’un crime de haine. Quelle Aberration peut être assez stupide pour s’en prendre aux seules personnes qui peuvent les aider ? Même chez Sanning, une idée pareille ne leur viendrait pas en tête. Après, peut-être en avait-elle déjà conscience ? Dans tous les cas, ça n’allait pas vraiment l’aider à gagner des points auprès d’elle. Il soupire légèrement, passe sa main dans ses cheveux, un peu embêté, un peu désolé de cette indélicatesse en même temps, si possible. Oui, ça l’embêtait qu’elle le voit comme ça. Elle avait l’air d’avoir de la considération pour lui, malgré tout et elle le traitait bien ; il veut établir une relation de confiance avec elle, ce qui est différent d’être son ami, il n’a pas la prétention de pouvoir y prétendre, mais au moins qu’elle lui fasse confiance au moins pour ne pas lui faire du mal, si ce n’est pour réussir à la protéger convenablement. Il glisse encore un peu sur le sol pour se rapprocher encore un peu, assez pour qu’elle puisse tendre le bras pour l’atteindre sans trop d’effort.

— Est-ce que j’ai vraiment l’air de vouloir te faire du mal ? Et de toute façon, je te l’ai dit, non ?

Il attrape son poignet délicatement, déplace son bras pour poser ses doigts contre sa nuque, là où elle peut sentir la rigidité de la puce sous sa peau. Sa main ne retient pas celle d’Astraé ; il se contente juste de la mettre là où son intérêt doit être porté le temps de quelques secondes. Comme d’habitude, il a la fâcheuse manie de la regarder dans les yeux, mais cette fois, son regard fouille le sien pour y trouver une once de confiance, une once de quelque chose qui ira plus loin que cette idée de menace.

— Il y a ça. Et le bracelet. Leur efficacité est testée et approuvée par ma propre personne ainsi que des milliers d’autres, très certainement...

Il a un petit rire gêné, avant d’ajouter :

— Mais c’est peut-être pas ça le problème.

Il baisse la tête, regarde ses mains qui jouent l’une avec l’autre, alors qu’il s’appuie sur ses genoux. Il réfléchit un moment. Finalement, il avait vécu un peu la même chose ; pendant un moment, il avait eu une peur terrible des Humains, il les avait toujours sur le dos, bien qu’ils ne le suivaient pas partout, peu importe où qu’il aille.

— J’ai eu une phase comme ça aussi, si on peut dire... Donc je comprends.


Il reste cependant bien mystérieux. C’est vrai, non ? Tout le monde ne peut vivre la perte d’un être cher que l’on nous arrache subitement. En fait, la plupart des Humains meurent à leur quatre-vingt ans, d’une mort préparée et calculée des années en avance. Ils pourraient vivre beaucoup plus longtemps, mais pourtant, ils l’acceptent sans broncher, sans se poser de questions. C’est normal, donc ce n’est pas triste. Quand un Humain part avant, c’est un accident, toujours. Pour les Aberrations, c’est quelque chose de quotidien. Il voit la mort de près, trop souvent. Kane a perdu son père jeune, ça a fait de lui un adolescent difficile à contenir, à maitriser, résultat il a fait des conneries et a perdu sa sœur jumelle à cause de ça. Mais ça, Astraé n’en avait sûrement aucune idée. Elle n’a pas l’air d’avoir lu son dossier. Toujours pas. Mais d’un côté, ça lui plaît. Il ne saurait expliquer exactement pourquoi.


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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Sam 15 Sep 2018 - 2:08

Restless and without breath


D'abord étonnée par son rapprochement soudain, c'est surtout sa déclaration qui me figea. Il n'avait pas tué ma mère, c'était assez facile à admettre. Quant au fait qu'il s'agisse d'humain plutôt que d'Aberrations, la question était bien plus complexe... Des humains au service d'une cause extrémiste des Aberrations ne souhaitant pas que le parti progressiste vienne couver les membres de leur espèce ou alors des humains qui s'opposaient farouchement à nos actions. Les deux étaient tout aussi crédibles qu'un fruit du hasard : mauvais moment au mauvais endroit, une cause bien moins grande que ce qu'on pouvait penser. C'était aussi possible. Je déplorais que la mort de ma mère serve tant d'hypothèses... et si j'étais de ceux qui croyaient à un jeu politique entre humains plus qu'un accident, je voulais laisser sa mémoire en paix et continuer de croire la version du gouvernement pour ne pas m'attirer d'ennuis plus gros que moi.

Si je bouillonnais que l'on vienne à aborder aussi crûment un tel sujet, je m'efforçais de ne pas me braquer et faire taire l'Aberration loquace. Bien qu'une lueur de gêne se lise dans son regard, je réprime une appréhension face à ce nouveau rapprochement qui le rend à ma portée. Mon cœur s'accélère et mes yeux ne savent se détacher des siens, cillant à peine. Une nouvelle fois, l'Aberration pose la question de ses intentions envers moi. Non, il n'avait pas l'air de me vouloir le moindre mal. Mais les apparences... pouvait-on réellement s'y fier ? Je voulais le croire, lui faire confiance. Cependant, il ne suffisait pas de le dire pour rendre ce sentiment effectif.

Ma peau frémit lorsqu'il vint poser sa main sur mon poignet pour le saisir. Ses gestes sont mesurés et doux, sans menace aucune. Et pourtant mon palpitant ne cesse de frapper ma poitrine. Outre l'appréhension qui m'habitait, je n'étais pas une personne tactile. Même le contact de ma mère était rare. Il n'y a que mon père avec qui l'on s'accordait des gestes d'affection. Malgré ça, je le laisse prendre le contrôle de mon poignet, amener ma main jusqu'à sa nuque sans lâcher son regard. Le sien ne fléchissait pas, insistant et intense. Pourtant, ainsi il enfreignait la loi. Les yeux des humains lui étaient interdits.

Je me penche légèrement pour atteindre le point vers lequel il dirige ma main et je sens cette pastille rigide sommeiller sous sa peau. Un mélange d'écœurement à l'idée qu'il ait cette puce et d'horreur à savoir que le gouvernement pilotait ainsi la vie et la mort de milliers d'Aberrations. Ma main s'attarde sur sa nuque alors que la sienne quitte mon poignet. Je finis par l'enlever d'une caresse involontaire venant effleurer la cicatrice que je lui avais laissée, l'esprit ailleurs. S'il avait appuyé la lame, j'étais la main qui la portée et me considérais comme seule coupable.

Avais-je vraiment envie de représenter un tel monde ? Car même si notre parti devait aller contre ce procédé, le fait que l'on ne fasse aucune action directe et seulement des discussions implique que l'on cautionne cette pratique.

Son regard se baisse vers ses mains agitées. Mes yeux suivent les siens alors que mes pensées s'éloignent. Les moyens qui le bridaient ne jouaient pas dans la balance de ma crainte. Ce n'était pas de la menace directe dont j'avais peur... « Si tu n'avais pas ce bracelet, ni cette puce, qu'est-ce qui serait différent chez toi face aux humains, à mon père, face à moi ? » Demandai-je d'un regard inquiet, comme cherchant à capter la vérité.

Après tout, avec des enjeux bien moins ignobles, le gouvernement avait cet effet de contrôle sur les humains. S'il n'y avait pas toutes ces règles, toutes ces sanctions, cet enjeu de quotient, serions-nous si pro-gouvernement ? Accepteront-il les mêmes choses ? Je savais pertinemment que dans mon cas, beaucoup d'éléments se verraient changés. Ce pouvait en être de même pour lui. Peut-être n'était-il pas menaçant là, au vu des circonstances, mais qu'en réalité, il m'aurait au moins rendue la monnaie de ma pièce après que je l'ai agressé au couteau...

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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Sam 15 Sep 2018 - 3:13

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Le poids du crime est-il allégé du fait qu’il ne la regarde pas avec ses yeux d’Aberrations ? Il ne sait pas, et pourtant, étrangement, il s’en fiche. Elle n’a pas l’air de s’arrêter à ça. La jeune femme avait eu tellement d’occasion de s’offusquer et de le dénoncer. Jamais elle ne l’avait fait. Surtout que ses doigts semblent s’être attardés sur sa blessure. Il ne peut pas s’empêcher de déglutir à ce contact. La situation n’était-elle pas un peu bizarre ? Malgré tout, Kane ne relève, ne dit rien et se laisse faire sans rien dire. Il vaut mieux une caresse plutôt qu’un coup. Finalement, il se laisse à apprécier cette douceur.


— Si tu n’avais pas ce bracelet, ni cette puce, qu’est-ce qui serait différent chez toi face aux humains, à mon père, face à moi ?
— Je ne serais pas là. Si on prend en compte que mon chemin reste le même qu’aujourd’hui.


Il n’a pas hésité à le dire. Ses mots sont aseptisés, mais veulent clairement dire « je serais mort ». C’est la même chose, clairement. En même temps, elle le sait, elle l’a remarqué. Oui, s’il avait pu, si le Gouvernement l’avait laissé disposer de sa vie comme il l’entendait, il en aurait déjà fini. Sans qu’il n’y réfléchisse plus que ça, ses doigts se posent sur son bras, recouvert par des tatouages où l’on peut encore deviner le relief des cicatrices. Kane se demande si la pratique est courante chez les Humains. Il ne lui semblait pas en tout cas. Il n’en avait jamais entendu parler. Mais ce n’était pas le genre de cicatrices qui paraissaient naturelles ; elles étaient trop proches des unes et des autres mais surtout, trop nombreuses. Sa réponse n’est pas très sérieuse, il se rend compte que ce n’est peut-être pas le genre de réponse qu’Astraé attend. C’était même un peu trop direct. Mais finalement, ils en étaient plus ou moins à ce stade, celui des révélations. Mais le prénom Lexa reste toujours derrière ses lèvres, sans jamais en sortir. Il reste un petit moment de silencieux avant de se racler la gorge et de dire :

— Je ne serais pas vraiment plus différent que là, maintenant je suppose. La seule différence, c’est que je pourrais me défendre. Je pourrais peut-être tuer quelqu’un par accident ; après tout, mon pouvoir est dangereux mais... je ne suis pas animé par l’envie de faire du mal à qui que ce soit. Même pas aux Humains. Qu’est-ce que ça m’apporterait finalement ? Je n'ai pas envie de faire souffrir les Humains comme ils m'ont fait souffrir. Ce n'est pas constructif... mais je suis peut-être trop rationnel.

Il marque une pause, se rend compte qu’elle en sait tellement peu sur lui. L’Aberration reste proche de l’Humaine, mais ne s’éloigne pas non plus. Etait-ce tolérable ? Il hausse alors un sourcil et demande :

— Est-ce que tu sais quel est mon pouvoir ?


Quand on y pense, les Aberrations ne devrait-elle pas être en haut de l’échelle ? Elles sont techniquement plus forte et un peu plus résistante que les Humains. Finalement, ne se retrouvaient-elles pas dans cette situation parce qu’elles avaient décidé de courber l’échine dès le début ? Quel fardeau portaient-elles pour être autant haï ? Ah, oui ; celui d’avoir rendu la terre inhabitable. Rien que ça. Kane a du mal à croire à ces boniments, pourtant, il n’a pas d’autres choix que d’en être la victime. Même si son pouvoir lui permet d’être au sommet, au-dessus des Humains, et peut-être même des Aberrations.



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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Sam 15 Sep 2018 - 3:37

Restless and without breath


Assis par terre à étaler chacun ses pensées, il ne manquait plus qu'un draps en guise de tente et une lumière tamisée pour voir deux enfants se raconter des secrets ou s'imaginer des vies par-delà le monde. Ouch... terrain glissant. L'imaginaire n'était pas un domaine qu'Ikaros aimait voir cultiver chez les enfants, j'en savais quelque chose.

Un réponse brève, concise et en même temps abstraite. Il ne serait pas là. Par choix ou par circonstances . Si je connaissais la réponse, il me plaisait d'entrevoir un doute. Une possibilité que sa vie ait pu être différente malgré les mêmes choix. Des conséquences différentes, des enjeux différents. Je continue de l'observer, intriguée par sa réponse, en porter d'attention ailleurs que ses tatouages. Si je crois discerner des cicatrices, je me garde d'en tenir compte. Le détail de sa pensée se tissa après une courte réflexion, faisant entrer son don en compte. « Je sais qu'il s'agit d'un pouvoir de catégorie 2. Ton brassard rouge et ta soit-disant non-malveillance envers les humains me laissent à croire que soit son pouvoir est bien trop dangereux et difficile à contrôler pour que tu puisses te permettre de l'utiliser en ces lieux, soit tu t'en es servi pour causer volontairement un tord irrémédiable. Dans les deux cas, je ne crois pas que le connaître m'aiderait à te faire confiance », déblatérai-je sur un ton neutre et d'un regard distant. Comme si je protégeais mon esprit des visions que cela pouvait me donner.

C'était ma manière à moi d'être nerveuse. Détailler les faits, mes pensées, les conséquences. M'emballer, tout simplement. Pourtant, je ne m'éloignais pas de Kane, ni ne me laissais submerger par une angoisse quelconque.

Après tout, son pouvoir importait peu, non ? C'était comme un talent, un truc en plus. Là était sa nature comme un métier ou un hobbie que l'on aurait choisi. Sauf que là, il n'a pas eu le choix et ça n'a rien d'un divertissement ou d'une vocation. « Tu ne veux pas te venger ? Inverser les choses pour que les humains soient mis en-dessous de vous, qu'ils comprennent le poids que met leur société sur vos épaules ? » Une question à laquelle il avait répondu dans son explication. « Je peine à croire que le besoin de vengeance soit uniquement un sentiment humain. Les tiens doivent avoir ce sentiment aussi. En sont pour preuve ces extrémistes qui cherchent à instiller la peur dans le cœur des humains. Tu es... intéressant, Kane. Et visiblement plus intelligent que le commun des mortels, qu'ils soient humains ou Aberrations », constatai-je dans une tirade où mes pensées se contentaient de défiler. Sans y prêter attention, je parlais des humains comme si je ne faisais pas partie des leurs...

Je reste un instant silencieuse, à simplement le regarder. Il n'y avait aucune malveillance en cela. Juste une curiosité que je me sentais libre de pouvoir exprimer, tout comme il était libre de m'observer pour en faire autant. Même si je n'avais rien de curieux ou d'intéressant. Ma personne et ma vie toute entière se résumaient en quelques lignes dont il n'y avait nul besoin de déchiffrer pour comprendre le sens.

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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Sam 15 Sep 2018 - 4:13

Restless and without breath
ft. Astraé Keppler

— Je pense que tu devrais le savoir, en réalité... et au cas où ça te viendrait à l’idée, je te recommande de ne pas me toucher.

Sur ce, glisse à nouveau sur le sol pour s’éloigner de l’Humaine, assez loin pour qu’elle ne puisse pas le toucher directement, en tout cas. L’Aberration enlève son bracelet qu’il pose sur son genou, ce qui devrait être totalement interdit dans cette zone. Il place sa main devant lui et après une seconde de tout petits éclairs viennent se soulever du creux de sa main. Ses yeux sont devenus noirs, mais il ne regarde pas Astraé et ainsi, il est possible qu’elle ne l’ait pas remarqué. Ou peut-être que si. Kane fait la démonstration d’une grande maitrise en gardant l’électricité au creux de sa main, quand en réalité, tout son corps est rempli d’électricité. Il ne fait pas durer la démonstration une éternité et finit par reprendre l’objet et le replace autour de son poignet tout en disant :

— La bonne théorie est celle qui veut que mon don est dangereux. Sans bracelet, je pourrais te tuer. Même sans le vouloir, je pourrais te tuer, juste en te touchant. La puce ne peut pas prévoir les accidents. Donc non, ça ne t’aidera pas à me faire davantage confiance, mais ça nous évitera bien des problèmes à tous les deux.

C’est un euphémisme, où ils risquent la mort tous les deux pour ça. Le bracelet bien en place, ses yeux redevenus bien normaux, il se rapproche à nouveau de la jeune femme ; ce n’était pas bien nécessaire, mais il en a envie. Et puis il veut surtout lui faire comprendre quelque chose d’important. Pour cela, il attrape à nouveau son poignet doucement : elle aurait pu craindre que son contact soit mortel, cependant, rien ne se passe.

— Tant que je le porte, tu ne risques rien, mais en mission, je serais peut-être obligé de l’enlever. Si tu ne le sais pas...

Il ne finit pas sa phrase, les sourcils froncés. La suite est prévisible. Et à sa voix, on pouvait deviner que l'éventualité de tuer Astraé par inadvertance ne lui faisait pas plaisir. Et pas seulement pour les conséquences que ça pouvait avoir pour lui. Ses doigts s’oublient sur son poignet. Puis il secoue la tête. Non, il ne veut pas se venger.

— Je ne dis pas qu’aucune Aberration ne veut se venger mais ce n’est pas mon cas. En tout cas, ça ne réparera pas le passé. Et, nous sommes capables de ressentir tout un panel d’émotions, contrairement à ce que vos légendes urbaines laissent croire ; on rit, on pleure, on est en colère, on a peur, on est surpris.


Après tout, oui : quel est l’intérêt de se fatiguer pour quelque chose où l’on y gagne rien au bout ? Il sourit un peu quand elle dit qu’il est à la fois intéressant et intelligent :

— Je ne suis pas si intelligent que ça, non. Je pense que tu es plus maligne que moi en tout cas. (Il marque une pause avant d'ajouter : ) Tu es aussi intéressante pour une Humaine.

Il semble jouer la carte de la modestie, et pourtant, il dit cela toujours avec le poids de ses erreurs. Kane doit s’avouer qu’il aime bien Astraé. Ca le fait sourire un peu.

— Et toi ? Qu’est-ce que ça changerait ?

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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Sam 15 Sep 2018 - 4:36

Restless and without breath


La surpsie confondue à un sentiment de peur me fait serrer les poings lorsqu'il s'éloigne et détache son bracelet pour me montrer quel est son pouvoir. Ses yeux ne me sont qu'en partie visible mais ce sont ses mains qui m'intéressent, qui captent mon attention alors que tous mes sens s'étaient mis en alerte. En effet. Si jamais... effectivement, mieux vaut être au courant. Mais il n'est pas censé enlever son bracelet, seul un humain peut décider de le lui ôter sinon c'est un délit ! Il le remet et s'avance à nouveau vers moi.

Mes traits sont crispés et dubitatifs. Un léger mouvement de recul m'éprend alors qu'il repose sa main sur moi. Je sais qu'il a son bracelet, que son pouvoir n'est plus actif, cependant mes terminaisons nerveuses ne sont pas si faciles à apprivoiser... Mon cerveau bouillonne de questions sur ce pouvoir qui l'habite. Des questions plus ou moins personnelles. Ses explications retinrent mes indiscrétions. Kane décrivit que son pouvoir était dangereux, que ce soit en le contrôlant ou non car le toucher reviendrait à se faire électriser. Voire, sans nul doute, électrocuter.

Si mes avances sur son intellect le font rire, les siennes sur ma ruse me laissent perplexes. Il ne fait pas bon d'être malin à Ikaros lorsqu'on est humain. Puis je me souvins que l'on ne se connaissait pas assez pour qu'il dise cela de manière pertinente. Ce que nous pensions l'un de l'autre n'était qu'un amas d'impressions. Rien de concret. Je me contentai de hausser les épaules lorsqu'il jugea que, pour une humaine, je pouvais aussi être intéressante. Ce n'était pas un point de vu qu'il aurait pu justifié si je l'avais mis au défi...

Ce fut à mon tour de répondre à la question : sans ces terminaux, qu'est-ce que ça changerait pour moi face à lui et toutes les autres Aberrations ? « Je n'y ai jamais vraiment pensé... Peut-être que vous utiliseriez plus souvent vos dons. Peut-être que ce serait banalisé et que ça éviterait les frustrations, les accidents à vouloir être trop prudents et éviterait ce sentiment de n'être qu'un objet aux yeux du gouvernement... » exprimai-je d'une voix basse et navrée. Comme si c'était moi qui avait décidé de ces puces et ces bracelets. En partie, je me sentais responsable. Tout comme j'estimais que chaque être humain ne s'étant pas opposé à cette pratique était responsable. Et à plus forte raison au vu de mon rang...

« À mon avis, je craindrais moins de représailles. Ne verrais pas dans chaque regard l'idée d'un prix à payer pour le mal causé aux Aberrations. Vouloir contrôler les pensées, les intentions... si un tel système doit être mis en place, alors il concerne autant les humains que les Aberrations. Et peut-être même plus les humains », déclarai-je avec un œil noir. Car en y repensant, j'avais bien plus souvent souffert de la main des humains que des Aberrations. Et j'avais plus souvent vu des humains faire du mal à des Aberrations que ces dernières en faire aux humains... Je trouvais ça injuste et n'avais aucune arme pour défendre cette idée. Juste un dossier sur un code vestimentaire... Le noir te va bien. Et certainement d'autres couleurs... tout comme d'autres teintes que le noir lui irait. Quoi que... ce noir lui donnait un côté ténébreux qui tranchait avec ses traits enfantins. Le noir lui allait bien.

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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Lun 17 Sep 2018 - 2:31

Restless and without breath
ft. Astraé Keppler

Kane a toujours ses doigts sur le poignet d’Astraé, même si elle a un mouvement de recul. Il n’y a que comme ça qu’ils s’apprivoiseront. Impossible de s’éviter éternellement ; l’inévitable finirait bien par arriver.
Déjà ailleurs, il n’a pas vraiment l’intention d’enlever sa main, vraisemblablement trop pris par la discussion. De plus, plus celle-ci avance, plus son expression morne et déprimée semble s’en aller. Il n’est pas non plus rayonnant de joie, mais il n’est plus au bord des larmes. Son regard s’anime au fur et à mesure de la discussion, semble devenir plus joueur.

— Je pense que les bracelets existeraient quand même. Enfin, j’espère pour moi qu’ils existeraient quand même. Ils sont nécessaires.

En effet, un tel pouvoir sans bracelet peut être la source d’une solitude infinie ; il le sait. Kane ne pourrait pas toucher qui que ce soit sans craindre de tuer quelqu’un, les autres le fuiraient de peur de mourir, le transformant aussi en pariant et peut-être qu’avec des circonstances différentes, il aurait quand même envie de mourir. Le bracelet était bien la seule chose dont il ne voulait pas se passer. Il ne veut pas être responsable de morts accidentelles, des morts qui peuvent être évitée en faisant preuve de responsabilité. D’ailleurs, si quelqu’un mourrait parce qu’il ne porte pas son bracelet, il se sentirait responsable. Il ne veut pas imaginer cette éventualité. Pour lui, la puce est aussi nécessaire, bien qu'il admette que le système soit cruel, c'est ce qui permet de pouvoir refuter incontestablement toute accusation de meurtre prémédité. C'est la garantie qu'il ne peut pas tuer quelqu'un dans un élan de colère. C'était salvateur pour les gens comme lui.

— Finalement, nous ne te laissons pas si indifférente que ça.

Il grimace un peu sur le nous, ce nous qui consiste à ne pas dire « aberration », à ne pas admettre qu’ils sont une erreur, qu’ils ne devraient même pas être là et que les Humains les laissent vivre par pure générosité. Kane n’aime pas ce mot. Son dictionnaire lui dit que cela signifie erreur, anormalité. Une anormalité peut-être, une erreur, le jeune homme veut croire que ce n’est pas le cas. Il regarde à nouveau dehors, par-dessus l’épaule de l’Humaine, pensif, puis il la questionne à son tour :

— Tu penses que c’est comment à l’extérieur ? Tu crois vraiment que c’est mort ?

Kane y pense souvent. Serait-il capable d’y aller si l’occasion se présentait ? S’il est le seul de sa fratrie à vouloir partir de cet enfer, le jeune homme ne sait pas s’il aura le courage de partir seul. Son départ pourrait d’ailleurs avoir des conséquences terribles pour les siens. Il vivrait, mais qu’en est-il des autres ? Ses doigts se serrent autour du poignet de la blonde et il ne sait pas pourquoi il s’y accroche à cet instant.


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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Lun 17 Sep 2018 - 18:35

Restless and without breath


Sa main n'était pas un contact désagréable, mais un interdit était franchi. Et si on nous voyait ainsi, alors Kane aurait de gros ennuis. Cependant, il ne devait pas craindre de représailles. Peut-être grâce à la protection que lui donne mon père. Ou bien parce qu'au fond, il n'en avait pas peur. L'une des choses qui m'inquiétait et en même temps m'attirait.

Ce mystère qui l'entourait avait un côté empathique. J'avais envie qu'il m'en dise plus non pas par simple curiosité, mais pour être à son écoute. Un côté maternel qui n'était sans doute pas bien venu... S'il approuvait ce bracelet, au vu de la dangerosité de son pouvoir, c'était sûrement par manque de contrôle. Peut-être par vécu de ce manque de contrôle sur une telle capacité...

Mais ses mots suivant éloignèrent ma question. Je souris à sa remarque et haussai les épaules. Les Aberrations me fascinaient. Malgré les barrières et carcans que la société et la Morale m'imposaient, je ne pouvais nier l'intérêt que je portais à ce qui se trouvait être différent de moi. Différent de ce que je pouvais connaître.

Son attention se porta d'ailleurs sur une chose qui nous était inconnue à tous : l'extérieur. Laissant mes lèvres souriantes se perdre dans ces pensées, je ne faisais pas gaffe à la trajectoire de mes doigts qui venaient dessiner les contours de son cher bracelet. « Mort ? Je ne crois pas. Mais désolé, sans doute. Il pourrait peut-être exister des animaux, des êtres vivants qui sont parvenus à survivre ou se développer. Rien de bien fantaisiste ni de spectaculaire. Plus une fourmilière où le temps se serait arrêté, j'expire un soupir amusé. Des rêveries d'une gamine ignorante, rien de plus », ajoutai-je en lui adressant un sourire sincère, le regardant dans les yeux comme si nous étions deux amis.

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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Mar 18 Sep 2018 - 22:53

Restless and without breath
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Les doigts d’Astraé se promènent sur son bracelet. A présent, ce n’est plus seulement lui qui la touche, c’est aussi elle. C’était quelque chose de nouveau et ce n’était pas vraiment déplaisant. Il a l’impression de se sentir exister un petit peu. L’Aberration est pensive, une fois de plus, observe un moment de réflexion avant de donner sa propre opinion, même si Astraé ne l’a pas demandé :

— Le fait qu’il n’y a plus d’oxygène sur Terre... J’ai l’impression que c’est encore un mensonge du Gouvernement. Il y a peut-être de la vie dehors. Si ce n’est pas le cas, pourquoi sommes-nous encore là ?

Elle lui sourit. Ce n’est pas quelque chose d’acquis. Son regard croise le sien et alors les coins de ses lèvres se soulèvent à son tour. Puis ses yeux azurs se baissent, regarde sa main sur celle de l’Humaine avant de la retirer lentement. Il l’avait laissée ici beaucoup trop longtemps. Il fronce les sourcils, comme s’il avait une pointe de regret. Il n’a pas vraiment le droit de le dire, mais il apprécie cette Humaine. Elle n’est pas comme les autres, pas comme les autres Humains, pas comme les autres Aberrations. Elle est simplement elle-même et il apprécie ce côté authentique.

— Je fabule aussi, remarque-t-il dans un sourire, mais peut-être qu’on s’en fiche, au fond ?

Il rit un peu. C’est vrai, après tout, Kane peut penser autant qu’il veut à l’extérieur, ça n’empêche que rien de ce qui se passe à l’extérieur ne peut les atteindre ; ils sont en sécurité dans le dôme. Et puis, rien ne garantissait que l’herbe serait plus verte à l’extérieur, au contraire. Des fois, ça fait bien de rêver, ceci dit. En plus, peut-être qu’Astraé n’a pas envie de parler de ces choses aussi abstraites. Elle semble bien terre à terre pour ce genre de trucs. Il se tourne alors vers le sujet de conversation initial, c’est-à-dire les Aberrations :

— Que veux-tu savoir ?


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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Jeu 20 Sep 2018 - 1:08

Restless and without breath


Un bref instant de flottement où notre proximité semble normale. Pourtant, il y avait à rougir et à honnir. Ce n'était pas un comportement convenable déjà entre humains. Alors s'il s'agissait d'un humain et une Aberration... d'un brassard bleu face à un brassard rouge... Tout nous opposait et nous éloignait. Enfin tout... leurs règles, la société, le gouvernement. Car dans cet échange, nous comprîmes tous deux que sans ces barrières, les choses se dérouleraient bien différemment entre nous.

Kane remettait dangereusement en doute la version officielle : celle de l'extérieur irrespirable. Théorie que moi-même je remettais en cause. Mais j'avais encore l'innocence de croire que ce n'était pas par mauvaise volonté que le gouvernement nous assénait de ces mythes. C'était pour notre bien. Comme tout ce qu'il faisait, à la base. Une envie de protéger l'humanité. Des mesures qui avaient bien trop déparées au fil des siècles. Qui menaient à une séparation entre Aberrations et humains. Je considérais que le gouvernement devait être ajusté, réparé, mais que ses bases n'étaient pas faites dans le but de nous nuire.

Ma naïveté découlait autant de mon jeune âge que de ce formatage subi par mes précepteurs et mon entourage. Sa main m'échappe et le contact s'efface. « Tu as raison, ça n'a pas bien d'importance... on a assez de préoccupations à l'intérieur », répondis-je quelque peu gênée et en même temps excitée que l'on ait ce genre de discussions interdites. Je n'abordais ces thèmes qu'avec mon père d’ordinaire. Et il m'avait toujours mise en garde face au fait que ce n'étaient pas des propos à tenir en public. Mais Kane partageait nos vies à présent. Notre quotidien et, d'une certaine façon, notre intimité. Sans qu'il ne fasse partie de la famille, il était des nôtres.

Sur une note plus terre à terre, Kane vient à me demander ce que je souhaitais savoir sur son espèce. Je me mords la lèvre inférieure, démangée par une question que je redoute trop personnelle. Et pourtant, je la laisse m'échapper : « as-tu déjà... fait du mal, intentionnellement ou non, à des personnes comme toi, des proches ou des connaissances, sans le vouloir ? » Demandai-je en pensant au fait que, pour lui, le bracelet pouvait se révéler salvateur.

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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Jeu 20 Sep 2018 - 10:55

Restless and without breath
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Leur discussion se poursuit un moment avant que la question fatidique finit par tomber, éventuellement. L’Aberration savait pourtant bien qu’elle finirait par lui demander. Il pensait tout de même qu’il aurait eu le temps d’y réfléchir. Tout à coup, Kane ne peut plus regarder Astraé. Il ne peut plus soutenir sa proximité, se poste de nouveau face à la vitre, debout, le visage à nouveau morne. Il pourrait lui mentir, mais ce n’était pas comme ça qu’il allait gagner sa confiance. Il ne peut pas vraiment s’esquiver alors il murmure, comme si chaque syllabe lui faisait mal à chaque fois qu’il en prononçait une :

— Oui. Plus d’une fois.

La bombe explose. Il se racle la gorge, semblant retenir quelques larmes. Il repense comment tout est devenu de sa faute ; il a fait tuer sa sœur en voulant protéger l’ensemble des Aberrations, la colère qui l’a habité et cet instructeur agressé, une Aberration par chance, et ses bras mutilés. Il essaye de ne pas pleurer quand il y pense, mais quand ça doit sortir, c’est toujours aussi dur. Kane tourne alors le dos à l’Humaine alors qu’il ne peut plus s’empêcher de pleurer à chaudes larmes. Ces fois-là, ce n’était pas le bracelet qui l’avait retenu, c’était la puce, et ça, c’était pire que tout. Et maintenant qu’il avait dit oui, il devait donner quelques explications à la jeune femme. L’idée fait pleurer Kane encore plus, et au fur et à mesure qu’il essaye, il n’arrive plus à parler, ni à respirer. Il ne sait pas quoi faire, il se sent piégé tout à coup. L’Humaine allait le détester. Il essaye de se calmer en vain. Il ne peut pas vraiment parler, et quand il essaye, c’est plutôt décousu.

— Je... Je...

Il essaye de prendre une grande inspiration, tremblante, peu efficace. Il ferme les yeux. Il se rend compte que ça aurait été tellement plus simple qu’elle lise son dossier que de lui dire, finalement. Son visage est déjà trempé par les larmes. Il essaye de se maîtriser, mais plus il essaye, moins il y arrive. Que pourrait dire une Humaine de son Aberration qui éclate en sanglot dès qu’on lui pose la moindre question ? Son regard se noircit à nouveau en proie à l’émotion, en proie à la crise d’angoisse. Ca pouvait paraître tellement exagéré, alors que cette simple question faisait ressortir le pire de Kane. Le fait un peu plus concrète qu’il est déjà une Aberration en déchéance, une Aberration, qui comme beaucoup, se meurt de l’intérieur. C’était sa réalité.

— Pardon, arrive-t-il enfin à articuler.

Il se rend bien compte que d’un point de vue professionnel, ça n’est pas du tout professionnel. Mais peut-être que ça avait au moins le mérite de le rendre attachant.

[/quote]

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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Lun 24 Sep 2018 - 13:16

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Son regard dévie du mien. Non par protocole, mais par trouble. Le trouble causé par mon interrogation plus personnelle que je ne pouvais l'imaginer. Si au fond je me retrouvais désolée d'avoir lancé cette question, j'étais aussi soulagée qu'elle ne reste pas en suspend à me tourner dans la tête en boucle. L'Aberration se relève et se braque, contemplant à présent la vue qu'offrait la vitre.

Devinant qu'un drame avait dû survenir, je restai silencieuse, lui accordant le temps qu'il souhaitait pour répondre à la fameuse question. Je le regardais sans confronter ses yeux. Sa voix se ternie lorsqu'il m'avoue que, plus d'une fois, c'est arrivé.

Culpabilisant de l'état dans lequel se mettait Kane, je me mordis les lèvres. Compatissant sans même savoir de quoi il s'agissait réellement. Mais je pouvais comprendre ce qu'il ressentait. Ce sentiment que sa seule présence devait coûter la vie de ses proches... Il avait perdu quelqu'un de cher à son cœur et portait le poids de sa disparition. L'Aberration était incapable de parler, visage larmoyant se reflétant sur la vitre immaculée. Alors qu'il s'excusa, je me relevai pour être à sa hauteur. « Tu n'as rien à te faire pardonner, Kane. J'ai posé la question tout en me doutant que ça éveillerait quelque chose... je... c'est moi qui te demande pardon. Je n'aurais pas dû. » Mal à l'aise, voix faiblarde et coupable. Que faire ? Je n'étais pas très douée pour ce genre de situations, mais je m'essayai à poser une main sur son avant-bras sans lui laisser le choix que d'accepter ce contact. « Je ne doute pas que tu es quelqu'un de bien. Peu importe ce que tu as fait. Peu importe ce qui a pu se passer. Tu peux te racheter pour tes erreurs mais aussi pour les conséquences des événements où tu étais impuissant. Tout peut changer, Kane. » Qu'il l'accepte ou non, je vins me placer face à lui et l'enlacer.

S'il me rejetait, me lançait contre la vitre et que je venais à me blesser, ça pourrait lui coûter cher. Si je ne voulais pas lui nuire, j'osais supposer que cette épée de Damoclès l'inciterait à ne pas risquer quoi que ce soit pouvant me blesser. Même si je savais que je n'irais pas le dénoncer si ça venait à arriver. Abus de pouvoir ? Sans doute. Mais ce n'était pas pour son mal, au contraire. Il paraissait avoir besoin de quelqu'un. D'un ami. Ou tout du moins d'une personne capable de l'accepter en dépit de ce qu'il avait pu faire, de ce qu'il se reprochait, de ce qu'il était. Et même si je n'étais pas la mieux placée pour jouer ce rôle, je m'y essayais sans le prévenir du fait que j'étais une bien terrible amie...

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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Lun 24 Sep 2018 - 23:33

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Elle semble regretter sa question. Kane regrette de l’avoir incitée à lui en poser. Pourtant, à ce moment-là, Humain, Aberration, peu importe. Ils sont deux êtres vivants face à l’autre, identique sur certains points, opposés sur d’autres. Tellement proches et tellement loin. Il ne voit même pas l’épée au-dessus de lui, il voit seulement Astraé.

Tout commence par cette main posée sur bras. La veste noire posée sur ses épaules lui fait oublier les limites, la tenue blanche qui marque toutes les différences qui existeront entre eux, pour toujours et à jamais. Il essaye de protester, mais aucun son ne parvient à passer la barrière de ses lèvres. Son regard reste fuyant, ses yeux exprimant à nouveau clairement sa véritable nature à sa place.

Il n’était pas prêt pour la suite. Ca dépasse totalement l’entendement. L’entendement de n’importe qui sous ce dôme. A peu près. Kane se dit un instant qu’il faut qu’il la repousse, que ça va trop loin. Ce n’est plus seulement lui qui risque de mourir. Et pourtant il n’en fait rien ; sa joue s’écrase sur l’épaule de l’Humaine alors qu’il prend appui dessus. Ils n’avaient pas intérêt à être vu de la sorte. Toujours est-il que ses muscles crispés finissent par se détendre un peu, au fur et à mesure que la crise d’angoisse le quitte et quand bien même, il n’ose pas la toucher. Une fois un peu calmé, il dit, vidé par ses propres émotions, d’une voix beaucoup trop douce :

— J’ai tué ma propre sœur, y’a pas moyen que je puisse me rattraper...

Si sa voix semble calme, posée, les larmes continuent à rouler sur ses joues. Sa sœur est vraiment tout ce qu’il avait. Plus qu’une sœur, une amie, une confidente, quelqu’un qui a rendu ses premières années à Ikaros plus légères. Il ne l’a pas vraiment tuée, mais ça, Astraé ne peut pas le savoir. Ce ne sont que les conséquences de son égoïsme et de sa naïveté. Elle ne peut que le deviner, du peu qu’elle a vu de lui. Mais pour Kane, ça revient au même, il l’a tout simplement tuée quand il a décidé de rejoindre les rangs de Vostania. En décidant de ne pas écouter les avertissements. Après un long moment, ses doigts glissent sur sa taille avant de remonter dans son dos alors qu’il la serre contre lui. Ca non plus, ça n’est pas légal. Faisaient-ils quelque chose de légal depuis qu’ils avaient commencé à se parler ?

Il finit bien par se calmer, mais pourtant, il est toujours persuadé que rien ne changera. Du moins pas pour lui. Il relève un peu la tête pour continuer à raconter ce qu’il s’est passé. Il se sent plus ou moins obligé maintenant. Il prend une grande inspiration avant d’expliquer, la voix basse :

— J’étais un membre de Vostania. Et j’ai merdé.

Il se décolle d’Astraé, les sourcils froncés, puis ses doigts s’accrochent à son tee-shirt. Kane semble hésiter un instant, avant de le soulever un peu, ne dévoilant qu’une partie de la cicatrice imposante qui barre son abdomen.

— Le jour où le Gouvernement s’est rendu compte de mes agissements, j’ai failli mourir. Ma sœur jumelle, elle, ils me l’ont prise.

Il marque une pause, ravale un sanglot avant qu'il ne passe la barrière de ses yeux ou de ses lèvres puis baisse à nouveau son tee-shirt avant d’ajouter :

— Ensuite, j’ai essayé de tuer un Officiel. Une Aberration, mais un Officiel quand même... Je me rappellerais toujours la douleur provoquée par la puce...

L’Aberration a toujours les yeux qui brillent, mais cette fois, elle arrive à se contenir. Il résume son histoire de la manière la plus brève possible. Il semble vouloir dire quelque chose, mais encore une fois, les mots lui manquent. Il renifle un peu. Ses yeux semblent avoir du mal à rester « normaux ». Ils les relèvent un peu, sans pour autant réussir à les planter dans ceux de l’Humaine, sans pour autant se rendre compte du changement qui s’est opéré au niveau de ses yeux.

— Est-ce que je mérite tout ça ?

Avait-il le droit d’être heureux ? Avait-il le droit de vivre ? Des questions qui occupaient sans cesse son esprit. Il semble avoir trouvé quelqu’un prêt à l’écouter, si ce n’est pas plus. Encore plus que ça, Aldébaran et Astraé sont tellement gentils avec lui que ça dépasse même son propre entendement. Mais surtout, méritait-il aussi tout le mal qui lui était arrivé ? Existait-il un karma qui avait décidé que la vie devait s'acharner sur lui.


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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Mar 6 Nov 2018 - 13:09

Restless and without breath


Le pouvoir de changer les choses... c'était autant en bien qu'en mal. Et parfois en mal lorsqu'on veut changer en bien. Force était de constater que ça ne dépendait jamais uniquement de nous mais de tout ce qui pouvait nous entourer. Qu'on le veuille ou non. Terrible fatalité à laquelle chaque âme est enchaînée. Humaine ou Aberration. Peu importait la nature des êtres qui composaient ce monde : seul le chaos résidait.

Un pas vers lui, un appel à briser les barrières qu'il ne rejeta guère. Certainement une grave erreur à laquelle je l'avais incité. Il semblait être une bien meilleure fréquentation que je ne pouvais l'être... Si qui que ce soit nous voyait ainsi, nous aurions tout deux de sérieux problèmes.

Impossible de sentir ses larmes ruisseler sur le blouson noir mais sa voix calme les laisse donner une teinte plus qu'accablante à son ton. Ce qu'il m'avoua eu don de me glacer le sang mais je ne défis pas cette étreinte criminelle. Loin d'avoir les éléments entourant cette histoire, je peinais quand même à croire que Kane ait intentionnellement, volontairement, pu tuer un être cher. Peut-être était-ce un flou de déni dans lequel je me berçais, ne voulant croire que mon père ait laisser un fou dangereux cruel au point de tuer sa propre famille entrer à notre service. La foi que je portais en mon père dépeignait sur la confiance que j'accordais à Kane. Un effort qui paraissait être bien plus naturel qu'autre chose à mesure qu'il se confiait à moi.

Un temps de silence à la révélation de son affiliation à la Vostania. Mon père ne pouvait pas ignorer tout ça... mes yeux plissés cherchaient son regard sans le trouver. Il releva son haut et je suivis son mouvement des yeux pour voir ce qu'il voulait me montrer. Une cicatrice bien plus grosse que ce que l'Aberration acceptait de me montrer, avec la justification de la perte de sa jumelle. Poursuivant non sans difficultés d'expliquer son histoire. Ses yeux d'Aberration ne me semblent plus aussi effrayants qu'auparavant.

Ses questions étaient légitimes. Comment pourrais-je me mettre à sa place ? Hormis imaginer le pire des sentiments, je ne pouvais le comprendre. « Je suis désolée pour toi Kane. Pour tout ce que tu as dû traverser. Mais tu te trompes à croire que rien n'est irréparable. Certes, tu ne pourras pas ramener ta sœur et peut-être même que le gouvernement n'acceptera jamais de te hisser à un quotient convenable. Cela dit, mon père t'offre une chance de te reconstruire. De laisser tout ça derrière toi et de te redéfinir. Sans abandonner ton passé, mais en l'acceptant et en t'en servant pour t'élever. Ne pas réitérer les fautes, ne pas oublier d'où tu viens et ce qui t'a amener à cette situation aujourd'hui. Les choses auraient pu bien plus mal tourner. Saisir cette chance que tu as, c'est faire en sorte que toutes ces tragédies n'aient pas été faites en vain. Et je suis sûre que tu parviendras à en ressortir grandi, Kane. Le mérite ne veut rien dire dans notre société. Ce n'est qu'une illusion. La réalité n'est qu'un ramassis d'opportunités injustement réparties car la seule loi composant notre monde est un chaos intégral. Je ne mérite pas le confort dans lequel je suis née, j'y suis juste née. Tout comme tu ne mérites pas la merde dans laquelle tu as dû patauger. Tu étais juste... dedans. Alors non tu ne mérites pas d'être ici : tu en as juste l'opportunité. Une opportunité que tu te dois de saisir. Pour toi. Pour ta sœur et chaque personne qui n'a pas cette opportunité », m'étalai-je en paroles sans quitter ses yeux quand bien même ceux-ci ne trouvaient pas le chemin des miens. Une mise à plat presque embarrassante mais d'une sincérité affichée.

Le silence qui s'enchaîna et appuya ce moment de flottement. Mes yeux vinrent dévier sur les lèvres de l'Aberration alors que les traits de mon visage soulignaient une inquiétude naissante. Une vague de chaleur et ces battements silencieux de mon cœur qui accélérait. Était-ce l'interdit qui donnait à ce moment une saveur si particulière ? Je n'avais pas les idées assez claires pour avoir la réponse. Je m'approchai à nouveau de lui, avec lenteur.

Avant que tout ne cesse. Que mon regard ne dévie des contours de son doux visage. Je me levai en détournant mes yeux de lui, avançant vers le bureau en silence et faisant mine de reprendre le dossier sur lequel je travaillais.

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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   Mar 6 Nov 2018 - 22:59

Restless and without breath
ft. Astraé Keppler

Le long laïus d’Astraé laisse l’Aberration silencieuse. Éventuellement, il finit par se calmer et ses yeux reprennent une couleur beaucoup plus « humaine ». La jeune femme ne semble pas le juger, bien au contraire, mais plutôt compatir à sa douleur. Elle était bien placée pour comprendre ce que ça faisait de perdre quelqu’un ; elle avait récemment perdu sa mère. Elle avait été tuée froidement par quelqu’un, quelqu’un qui n’était pas une Aberration. Même en admettant qu’une Aberration puisse tuer, ce qui n’est pas le cas, ces créatures ont d’autres moyens à leur disposition pour tuer quelqu’un. Il semble plus naturel pour Kane d’utiliser son pouvoir pour tuer, même s’il espère ne jamais avoir à le faire, plutôt qu’une arme à proprement parler. Les Aberrations sont des armes à elles seules. La fin de son monologue interpelle davantage Kane.  

— On ne peut pas dire qu’être ici c’est... patauger dans la merde, comme tu dis...

C’est vrai. C’est la meilleure chance qu’il a dans sa vie, une chance de trouver une place où il peut se sentir accepté. Avec les Keppler, il sait qu’il a sa place. Elle est toute petite, mais c’est la sienne. Malgré les conseils de ses conseillers et des autres chefs de partis, Aldébaran ne semble pas vouloir se débarrasser de lui. Mais se reconstruire... C’est difficile, surtout quand on est seul, qu’on a pas l’aide nécessaire. Le pire, c’est le sentiment d’impuissance, le désir de changer le monde mais aussi la certitude que sans avoir commencé à agir, il en paiera le prix cher. Décidément, le jeune homme déteste ce dôme, ses gens, cette atmosphère.

Il respire profondément.

Elle s’approche de lui, lentement. Cette proximité encourage le jeune homme à redresser la tête pour voir que lui vaut ce nouveau rapprochement. Elle le fixe avec une intensité différente, un regard différent. Kane s’en trouve presque hypnotisé et pourtant Astraé quitte rapidement son visage. L’Aberration se retrouve prise au dépourvue. Qu‘est-ce qui peut bien lui prendre tout à coup ? Ses lèvres s’entrouvrent pour dire quelque chose, mais aucun son n’en sort. Ca reste compliqué pour lui d’interpeller un Humain de la sorte. D’autant plus qu’elle lui avait beaucoup donné aujourd’hui. Kane se trouve à en vouloir plus, quand il devrait se contenter du peu qu’il a eu. Il la suit dans son mouvement jusqu’à qu’elle s’assoit. Alors c’était tout ? Le jeune homme ne va pas jusqu’à penser, à croire qu’elle a joué avec lui pour l’inciter à se confier à elle. Cependant, la vérité reste la même : Kane n’aurait jamais dû lui en parler. Il n’en a jamais parlé à personne alors pourquoi elle ?

Planté devant son bureau, le jeune homme finit tout de même par ouvrir la bouche :

— Qu’est-ce que tu fais ? se risque-t-il, sans préciser s’il parle de son attitude ou de son dossier.

Le ton de l’Aberration n’indique pas non plus de quoi il veut parler, bien que sa voix laisse transparaître légèrement à quel point il est perdu.



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MessageSujet: Re: Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)   

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Restless and without breath — ft. Astraé Keppler (6/08/3018)
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